RDCongo: la Lucha demande le retrait de la Monusco mais …le renforcement de sa Brigade d’intervention

RDCongo: la Lucha demande le retrait de la Monusco mais …le renforcement de sa Brigade d’intervention

La Lucha (Lutte pour le changement), un des plus connus des mouvements citoyens au Congo, a rendu publique mercredi sa lettre ouverte aux « 15 Etats membres du Conseil de Sécurité » de l’Onu. Alors que ceux-ci doivent renouveler le mandat de la Monusco (Mission de l’Onu au Congo) d’ici au 20 décembre, la Lucha fait des recommandations visant à organiser le départ des casques bleus, à l’exception de ceux de la Brigade d’intervention – bien que celle-ci ne se soit plus illustrée depuis la défaite du M23, en mars 2013.

La Lucha reconnaît la contribution de la Monusco à la réunification du Congo au sortir des guerres de 1996 et 1998 et au « processus démocratique entamé avec la transition de 2003-2006« . Mais constate qu’elle a « largement failli à ses principales missions que sont la protection des civils et, avec la Brigade d’intervention (FIB), la neutralisation des groupes armés ».

Et de rappeler que la FIB avait été créée à l’occasion d’un renforcement du mandat de la Monusco, afin de passer du stade « maintien de la paix » à « imposition de la paix ». Combattant conjointement, la FIB et l’armée congolaise avaient neutralisé en mars 2013 les rebelles essentiellement tutsis du M23, formés après une mutinerie de ces soldats de l’armée congolaise.

La FIB « inopérante et ineffective »

« Malheureusement, dès le lendemain de la défaite du M23, de nouvelles divergences de vues ont estompé l’élan contre les groupes armés et la FIB est devenue comme le reste de la force de la Monusco: inopérante et ineffective ».

La Lucha rappelle que les massacres de Beni ont fait « plus de 3000 morts depuis 2014 », bien que la Monusco dispose, dans cette région, « de la présence la plus importante, tout comme l’armée congolaise dont les troupes sont passées à 21.000 » hommes. La poursuite de ces massacres a entraîné une colère « compréhensible de la population, qui a parfois pris la Monusco à partie. S’il est possible que certains acteurs politiques » manipulent ces violences, « la colère est réelle et légitime ». « Les cris de la population qui demande le départ de la Monusco doivent être entendus », sa présence ne servant « qu’à comptabiliser les morts ».

Mettre fin au mandat de la Monusco

La Lucha demande donc aux pays membres du Conseil de sécurité de mettre « fin au mandat de la Monusco » et d’organiser le transfert de ses activités civiles et humanitaires aux agences de l’Onu dans l’année. Cependant, il faut maintenir et renforcer « le mandat et les effectifs de la FIB » avec des forces « essentiellement africaines » à l’exclusion de celles des pays voisins impliqués dans les conflits en cours au Congo, et des moyens lui permettant de « neutraliser les groupes armés » en commençant par ceux de Béni, soutenir la protection des civils et appuyer l’armée conglaise. Le mandat de la FIB devrait « contenir une obligation de résultats ».

Bref la Lucha veut une Monusco limitée à des troupes de combat mais remplissant le mandat de protection des civils que la Monusco ne remplit pas.

Faire juger les officiers corrompus

La lettre ouverte prie en outre le Conseil de sécurité de demander au président Félix Tshisekedi d’écarter du commandement des forces congolaises les officiers « soupçonnés de violations graves de droits humains ou de trafic divers et de les mettre à la disposition de la justice ».

Elle veut aussi que le Conseil vote une résolution spécifique sur la réforme des secteurs de la Sécurité et de la Justice au Congo, avec un mécanisme international de soutien technique et financier à ces réformes. Qu’il « ordonne une enquête internationale indépendante et transparente » sur les massacres de Béni. Qu’il s’assure que les pays voisins « arêtent de créer, financer et soutenir des groupes armés à l’est » du Congo, « qu’ils s’abstiennent de piller, acheter ou servir de lieux de transit » à des ressources naturelles congolaises et « arrêtent d’utiliser le sol congolais comme champ de bataille ».

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