RDC : L’OIF évalue les préparatifs électoraux

RDC : L’OIF évalue les préparatifs électoraux

Une mission de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) s’est rendue du 30 avril au 14 mai au Congo pour évaluer « à mi-parcours » le processus électoral au Congo, à la demande de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante). Le rapport final est mitigé.

S’il se félicite de l’amélioration du cadre juridique de l’enrôlement, conformément aux recommandations de l’OIF, depuis 2015, ainsi que des « capacités organisationnelles et opérationnelles de la Ceni » et de « l’engouement de la population » pour obtenir la carte d’électeur, il fait une avalanche de recommandations à l’attention principalement des autorités nationales et de la Ceni pour rendre les élections possibles. Elles doivent, selon l’Accord de la Saint-Sylvestre, se dérouler avant la fin 2017.

Encore à voter

Ainsi, doivent encore être votées une modification de la loi organisant les scrutins pour obtenir « une base légale claire afin d’établir la répartition des sièges » et une loi créant et organisant le CNSA (Conseil national de suivi de l’Accord de la Saint-Sylvestre), qui doit superviser le processus électoral. Il faudra ensuite mettre ce nouvel organe en place. Il faut aussi garantir la tenue d’une session parlementaire extaordinaire, après la fermeture de l’ordinaire, ce 15 juin,  afin d’adopter la loi sur la répartition des sièges.

Il faut aussi harmoniser et revaloriser le budget électoral dans la Loi de Finances et le plan de décaissement pour 2017 ainsi que permettre l’acquisition rapide du matériel électronique qui éjectera les doublons dans la liste électorale et les personnes qui n’y sont pas valablement inscrites.

Beaucoup à faire encore

La Ceni se voit recommander une série d’actes techniques, ainsi que de « communiquer sur le calendrier des opérations d’enrôlement » et «  »préparer et proposer des scénarii de calendriers électoraux en attendant la mise en place du CNSA ». Le dernier calendrier  publié par la Ceni remonte à 2015 et portait sur la période 2015/2016 – pour laquelle les élections n’ont pas été organisées par le pouvoir, à l’exception de celle – indirecte et controversée – en mars 2016, des gouverneurs des nouvelles provinces, créées de manière précipitée par Kinshasa pour des raisons de basse politique.

La Ceni, qui souffre « considérablement » des « blocages politiques et institutionnels », doit absolument « affiner » ses « chiffres estimatifs », qu’elle a établis à un total de 22,3 millions d’inscrits au 2 mai 2017, sur une population totale d’électeurs évaluée à 41 millions de personnes – chiffre qui, selon les rapporteurs de l’OIF, ‘ »avoisinerait d’avantage les 43,6 millions d’électeurs ».

Manque d’implication de la classe politique

Les rapporteurs regrettent que la situation au Kasaï « n’a pas permis » de « former ni déployer les équipes d’enrôlement » dans trois provinces (soit « 7,6% de la population électorale nationale ») et que l’enrôlement n’ait pas encore commencé à Kinshasa.

L’OIF regrette la présence « très limitée » d’observateurs nationaux et de représentants des partis politiques, jusqu’ici, dénonçant « un manque d’implication généralisé de la classe politique pour suivre les opérations d’enrôlement ».

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