RDC/mines: enquête en Suisse sur des crimes de guerre

RDC/mines: enquête en Suisse sur des crimes de guerre

La justice suisse enquête sur des « violations des lois de la guerre » en RDC, après une plainte déposée par des ONG à l’encontre de Christoph Huber, un homme d’affaires suisse accusé d’avoir commercé illégalement avec la rébellion du RCD entre 1998 et 2003.

Le Ministère public de la Confédération (MPC, procureur général) a indiqué à l’AFP que « dans le contexte du commerce illégal de minerais en République démocratique du Congo commis durant les conflits armés de la deuxième guerre du Congo, le MPC a ouvert en mars 2018 une procédure pénale pour soupçon de violations des lois de la guerre ».

La procédure pénale étant toujours en cours, la justice suisse a toutefois refusé d’indiquer à l’AFP si l’enquête visait précisément M. Huber.

Dans un communiqué diffusé jeudi, les ONG Trial International et Open Society Justice Initiative ont expliqué avoir déposé leur plainte contre Christoph Huber en 2016.

Dans leur plainte, les deux organisations ont accusé M. Huber de commercer « directement avec le RCD-Goma, un groupe armé accusé de crimes de guerre qui contrôlait de larges territoires dans l’Est du Congo » pendant la deuxième guerre du Congo (1998-2003).

« L’exploitation illégale et l’appropriation de ressources naturelles d’une zone de conflit vaut à M. Huber d’être accusé de pillage, un crime de guerre selon le droit international humanitaire, et punissable selon le code pénal suisse d’une peine de prison de trois ans au moins », ont indiqué les ONG.

Trial a précisé avoir « mis la main sur des documents commerciaux, ainsi que des documents internes du RCD-Goma, démontrant les liens d’affaire entretenus par Christoph Huber et ce groupe armé ».

Les deux ONG ont appelé le MPC à conclure rapidement son enquête.

En 2009, un rapport d’experts de l’ONU sur la RDC, mandatés par le Conseil de sécurité, avait mentionné les agissements de l’homme d’affaires suisse, soulignant son implication dans des opérations de transport à grande échelle de coltan hors de la RDC et du Rwanda pendant l’occupation de l’est de la RDC par les rebelles du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), groupe à dominante tutsi-congolaise soutenu par le Rwanda, au cours de la période 1998-2003.

Entre 1998 et 2002, la RDC a été déchirée par une guerre régionale, impliquant de multiples groupes armés et plusieurs pays africains. Cette « deuxième guerre du Congo », qui a pris fin de façon formelle le 30 juin 2003, a engendré de nombreux viols et massacres.

En 2019, le groupe des experts du Congo recense toujours plus de 100 groupes armés actifs dans l’est du pays.​

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