RDC : Ultimatum de l’Onu sur le Kasaï

RDC : Ultimatum de l’Onu sur le Kasaï

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a indiqué mardi attendre dans les deux jours des engagements de la République démocratique du Congo au sujet d’investigations sur les violences dans la province du Kasaï, brandissant la menace d’une enquête internationale. « A moins que je reçoive d’ici le 8 juin des réponses appropriées du gouvernement concernant une enquête conjointe, j’insisterai sur la création d’un mécanisme d’enquête international pour le Kasaï », a déclaré le Haut-Commissaire, Zeid Ra’ad Al Hussein.

Zeid, qui réclame depuis mars la création d’une commission d’enquête du Conseil sur les violences en RDC après la découverte notamment de charniers, s’exprimait à l’ouverture de la 35e session du Conseil des droits de l’Homme à Genève (du 6 au 23 juin).

Depuis septembre 2016, la région du Kasaï est secouée par la rébellion de Kamwina Nsapu, chef traditionnel tué en août 2016 lors d’une opération militaire après s’être révolté contre les autorités de Kinshasa. Selon l’ONU, ces violences ont fait plus de 400 morts et causé le déplacement de 1,3 million de personnes.

Washhington exige une enquête

Lundi, les Etats-Unis avaient exhorté les Nations unies à créer une commission d’enquête sur les meurtres de deux experts de l’ONU qui cherchaient à prouver l’existence de fosses communes en au Kasaï. L’ambassadrice américaine Nikki Haley, présente à Genève, avait souhaité la création d’une commission d’enquête séparée sur les violations de ces droits dans la province de Kasaï (centre), qu’elle a qualifiées d' »actes horribles ».

La justice militaire congolaise a ouvert lundi le procès des présumés assassins de deux experts de l’ONU tués en mars dans cette région. Les deux assassins présumés, Evariste Ilunga (16 ans) et Mbayi Kabasele (vendeur d’huile de palme de 30 ans), ont comparu pour les meurtres de l’Américain Michael Sharp et du Suédo-chilien Zaida Catalan. Mais les Nations unies soupçonnent le gouvernement congolais d’avoir enquêté un peu trop vite.

Michael Sharp, Zaida Catalan et leurs familles « méritent justice », a déclaré Mme Haley dans un communiqué. « Nous le devons à leur engagement pour mettre fin aux abus en matière de droits de l’homme perpétrés par des groupes armés et le gouvernement congolais contre le peuple congolais ».

Le 1er juin, plusieurs ONG congolaises et internationales ont appelé le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à lancer une enquête internationale sur ces violences meurtrières.

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