RDCongo: les effets des émeutes de Beni

RDCongo: les effets des émeutes de Beni

Commentaire par Marie-France Cros.

Depuis le 23 novembre, la population de Beni (nord du Nord-Kivu) proteste violemment contre l’”inertie” de la Monusco (Mission de l’Onu au Congo), alors qu’en un mois, une centaine de civils ont été massacrés dans la région par de présumés ADF, rebelles ougandais dont une partie serait devenue islamiste. Ces nouveaux massacres constitueraient des représailles contre l’offensive lancée le 30 octobre contre les ADF par l’armée congolaise. Plusieurs de ces manifestations ont tourné à l’émeute, avec destruction de bâtiements officiels ou de la la Monusco. La répression a fait au moins 9 morts chez les manifestants. Un policier a été tué et huit militaires lynchés par les habitants, selon l’armée.

Le chef des opérations de paix de l’Onu (dont la Monusco est la principale mission), le Français Jean-Pierre Lacroix, a assuré que les attaques contre des installations onusiennes avaient été “préméditées, organisées et financées”.

https://afrique.lalibre.be/44047/rdc-qui-a-tente-de-manipuler-la-colere-de-beni/

Mais la colère de Beni produit certains effets. Ainsi, la Monusco, qui assurait jusqu’ici n’être pas intervenue parce que l’armée congolaise ne le lui avait pas demandé, s’est vu rappeler vertement par les Nandes la résolution 2098 de l’Onu, du 28 mars 2013,  l’autorisant à intervenir de son propre chef lorsque la sécurité de la population civile est menacée. La Monusco a soudainement annoncé cette semaine qu’elle avait entamé des “actions conjointes” avec l’armée congolaise contre les groupes armés dans la région.

Soudainement aussi, l’armée congolaise, ayant déploré qu’en trois jours, 8 militaires aient été lynchés par la foule qui les prenait pour des ADF, a diffusé un “numéro vert” où appeler quand une personne suspecte d’être un ADF est repérée. “Quelques minutes après avoir appelé ce numéro, une équipe d’intervention viendra prendre en charge le suspect”, a indiqué le porte-parole de l’armée congolaise mardi. Un dispositif qui n’a jamais été réalisé pour protéger les civils, qui sont plus d’un millier à avoir été tués par de présumés ADF depuis 2014.

L’armée a assuré que ses opérations militaires en cours depuis le 30 octobre contre les ADF avaient permis la “neutralisation” de 80 ADF, dont 4 de ses 6 commandants. Sur son compte Twitter, la Monusco a annoncé que ses “actions conjointes” avec l’armée congolaise avaient permis “l’arrestation d’hommes armés, identifiés comme des membres de groupes armés” dimanche.

Cela permettra-t-il d’enfin en savoir plus sur ces mystérieux ADF dont on ignore encore presque tout bien que, depuis cinq ans, plusieurs d’entre eux aient été officiellement arrêtés et interrogés?

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