RDCongo: le Nord-Kivu demande le retrait de la Monusco

RDCongo: le Nord-Kivu demande le retrait de la Monusco

 
Par Marie-France Cros.
 
Nouvelles violences, lundi à Beni, où un manifestant contre l’Onu a été tué par balles et cinq autres blessés. Les Congolais au Nord-Kivu et à Kinshasa dénoncent l’ »inertie » des casques bleus au Kivu, chargés pourtant de protéger la population civile.

 
Selon un des organisateurs de la manifestation (voir video), le manifestant tué à Beni (nord du Nord-Kivu) lundi l’a été par la police congolaise – ce qui fait grimper à 8, selon l’AFP, le nombre de manifestants contre l’Onu tués depuis une dizaine de jours que des rassemblements ont lieu contre l’immobilisme des casques bleus. La police et l’armée congolaise ont tiré des balles réelles de sommation pour empêcher des dizaines de jeunes Congolais de s’en prendre aux installations de la Monusco comme cela s’était produit la semaine dernière.
 
Elle a mandat de protéger les civils
 
Les protestations – marches, routes bloquées, sit in, etc… – ne cessent pas dans les deux Kivu, ulcéré du manque de protection accordée à la population civile contre des gens qui ont tué, souvent à l’arme blanche, une centaine de personnes depuis le début du mois. Il s’agirait de représailles contre l’opération lancée au début du mois par l’armée congolaise contre les présumés ADF, groupe armé ougandais dont une partie serait passée à l’islamisme et serait formée d’internationalistes djihadistes.
 
A Kinshasa, l’Association culturelle Nande (ethnie majoritaire au nord du Nord-Kivu), a écrit une lettre au secrétaire général de l’Onu, vendredi dernier 29 novembre, pour protester contre « l’inertie » des casques bleus. Alors que la Monusco assure ne pouvoir rien faire si elle n’est pas invitée par l’armée congolaise, cette lettre rappelle que la résolution de l’Onu 2098 du 28 mars 2013 autorise la Monusco à intervenir de son propre chef lorsque la sécurité de la population civile est menacée. Les auteurs de la lettre voient donc dans l’argumentation de la Monusco « un prétexte » pour ne pas intervenir, ce qui rend « inutile la présence de la Monusco ». Les signataires adhèrent « totalement à la demande de la population du Nord-Kivu » de voir les casques bleus quitter la province.
 
Escortes et affairisme
 
Selon cette lettre , les militaires de la Monusco mettent leurs moyens « financiers et militaires » au service des ONG auxquelles ils servent d' »escorte », et à celui  de « l’affairisme, surtout dans les zones minières ». Et de soupçonner la Monusco d’être même liée aux ADF, en raison de la proposition faite par son chef, l’Algérienne Leïla Zerrougui, de dialoguer avec ce groupe armé, alors même que « l’identité des ennemis qui tuent à Beni  n’est pas connue avec exactitude ».
 
La lettre se conclut par une demande de « retirer la Monusco de la province du Nord-Kivu ».
Lundi, le chef des opérations de paix de l’Onu, le Français Jean-Pierre Lacroix – arrivé en urgence au Congo samedi et qui s’est rendu brièvement à Beni – a déclaré que les attaques contre les installations de l’Onu dans cette ville, la semaine dernière, ont été « préméditées, organisées et financées ». Des pick ups de l’armée congolaise auraient été vus amenant des manifestants près du bureau de la Monusco qui a été incendié un peu plus tard jeudi dernier.

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