RDC: l’ambassadeur des Etats-Unis appelle les Européens à maintenir les sanctions

RDC: l’ambassadeur des Etats-Unis appelle les Européens à maintenir les sanctions

L’ambassadeur des Etats-Unis en République démocratique du Congo (RDC), Michael Hammer, a appelé lundi à Bruxelles les Européens à maintenir, tout comme Washington, les sanctions qu’ils ont imposées à une quinzaine de personnalités congolaises proches de l’ancien président Joseph Kabila, impliquées dans des violations des droits de l’homme entre 2015 et 2018. « Les Etats-Unis ont eu une politique de sanctions contre des individus soit corrompus, soit ayant violé grossièrement les droits de l’homme ou qui ont perturbé le processus démocratique (avant les élections générales du 30 décembre dernier, ndlr). Cette politique de sanctions reste en place, ceux qui ont été sanctionnés continuent à l’être et si nous recevons des informations sur d’autres (personnes), nous continuerons (à les sanctionner) », a-t-il affirmé devant quelques journalistes.

« Nous espérons que nos collègues dans l’Union européenne et d’autres pays engagés bilatéralement (envers la RDC) pensent de la même manière », a ajouté M. Hammer qui séjourne à Bruxelles pour des consultations avec des responsables belges et de l’UE, après une visite la semaine dernière au commandement de l’armée américaine pour l’Afrique (l’Africom), installé à Stuttgart (Allemagne).

L’UE avait décidé du gel des visas et des avoirs de 14 responsables congolais en décembre 2016, puis fin mai 2017 pour leur rôle dans la répression des manifestations de l’opposition entre fin 2016 et 2018.

Et 163 organisations congolaises ont plaidé samedi pour que l’UE renouvelle ses sanctions tant que des procédures judiciaires ne sont pas engagées contre les personnes visées pour des faits qui ont conduit à ces mesures.

M. Hammer a confirmé la position prise par l’administration américaine, qui s’est déclarée prête à continuer à utiliser l’arme des sanctions contre la corruption et l’impunité, par la voix de l’envoyé spécial de Washington dans la région des Grands Lacs, Peter Pham.

En septembre, le président Tshisekedi avait affirmé qu’il voulait changer « les mentalités » contre la corruption dans son pays, sans « règlement de comptes » et sans « fouiner » dans le passé des responsables qui sont encore aux affaires.

Depuis son investiture le 24 janvier, les États-Unis soutiennent à bout de bras le nouveau président congolais Félix Tshisekedi, qui a été reçu dès le 4 avril à Washington par le secrétaire d’État, Mike Pompeo.

RDC: appel au renouvellement des sanctions européennes contre 14 personnalités congolaises

M. Hammer a réitéré lundi le soutien à l’action entreprise par M. Tshisekedi – proclamé vainqueur de l’élection présidentielle contestée du 30 décembre 2018 -, notamment en termes de lutte contre la corruption et l’impunité, de respect des droits de l’homme, d’ouverture de l’espace politique et de pacification de l’est du pays, en proie à des troubles depuis des décennies.

« Nous voyons du changement, notre objectif est de travailler avec le gouvernement Tshisekedi », a souligné M. Hammer. Il a aussi insisté sur le « soutien international » dont bénéficie cet ancien opposant qui a accédé au pouvoir sans effusion de sang lors de la première transition pacifique au sommet de l’État depuis l’indépendance de l’ex-Congo belge, le 30 juin 1960.

« Le peuple congolais voulait et a voté pour (mettre) fin au règne de Kabila et en fait c’est ce qui s’est passé », a affirmé l’ambassadeur en réponse à une question sur le déroulement des scrutins et la légitimité de M. Tshisekedi. Ce dernier a « clairement été accepté par les Congolais », qui ont voté « pour le changement », a-t-il ajouté.

Il a toutefois prévenu que le changement ne pourrait se produire du jour au lendemain et que les défis étaient nombreux pour le nouveau chef de l’Etat – qui gouverne en coalition avec le Front commun pour le Congo (FCC) de M. Kabila, largement majoritaire au parlement et dans les assemblées provinciales. « Nous n’avons pas d’illusion que l’on puisse transformer en une nuit un pays qui a une multitude de problèmes », dont l’épidémie de maladie à virus Ebola (MVE), a expliqué l’ambassadeur, tout en mettant en avant les atouts dont dispose la RDC pour réussir son développement.

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