Move with Africa : développer un esprit critique et mieux comprendre les relations Nord/Sud

Move with Africa : développer un esprit critique et mieux comprendre les relations Nord/Sud

Pour cette 8ème édition, ce sont à nouveau les ONG belges Asmae, Défi Belgique Afrique, VIA Don Bosco, Lumière pour le Monde, Africapsud et Entraide et Fraternité qui orchestreront avec brio cette formation d’un an à la citoyenneté mondiale et solidaire. Grâce à ce projet initié par La Libre Belgique, plus de 150 élèves, de tout type d’enseignement confondu, partiront en Afrique dans le but d’une rencontre interculturelle avec leurs correspondants béninois, sénégalais ou rwandais. Ils seront amenés à découvrir plus amplement les problématiques et les forces actuelles des pays concernés en s’immergeant dans le travail des partenaires ONG sur place. 

Par un pluvieux mercredi après-midi, on s’immisce dans l’intimité d’un atelier inhabituel de formation MWA avec Entraide et Fraternité. En effet, cette année l’ONG a accepté de partir avec deux classes de deux écoles différentes en même temps : le lycée provincial Colfontaine/Hornu et le Collège de Kain.

C’est dans une ambiance cosy et décontractée, autour d’un grand thermos de café agrémenté de petits biscuits au chocolat, que les élèves et leurs professeurs se rencontrent pour la première fois au lycée provincial de Colfontaine. Assis en arc-de-cercle, ce mercredi-là, il s’agit avant tout de « briser la glace ».

Comme un speed-dating, les élèves et leurs professeurs, debout, face-à-face, disposent de 15 minutes pour échanger sur des thèmes aléatoires. « A quoi pensez-vous quand vous entendez le mot « Afrique » ? » ou encore « Quelle est votre plus grande peur ? » leur demande Bruno Di Pasquale, l’animateur d’Entraide et Fraternité. S’ensuivent discussions, quelques éclats de rire et de sourires gênés. Les élèves ne sont pas au bout de leurs efforts contre la timidité : non seulement ils doivent apprendre à se connaître en Belgique, entre classes d’une école et d’une ville différente, mais en plus une fois arrivés au Rwanda en février, entre élèves de pays et de culture différentes. Pour apprendre à connaître l’Autre, il est important d’apprendre à se connaître soi- même. Un travail qui commence et qui ne s’arrête jamais, certes, mais qui permet à chacun de se présenter avec ses défauts et ses qualités, ses aspirations et ses limites, ses joies et ses peurs et tous ces éléments qui permettront de partir en tant que groupe soudé, bienveillant et prêt à tendre la main à l’altérité pour en ressortir plus riche et plus instruit.
« On avait vraiment envie d’offrir la possibilité à nos élèves de pouvoir partir et de casser les codes que l’on peut avoir sur l’Afrique. On veut leur apprendre à avoir une vision différente et créer une vraie rupture avec les stéréotypes » raconte Axel Annseau, professeur au collège de Colfontaine. 

Rassemblés dans une classe un mercredi après-midi, les élèves du collège de Kain et du lycée provincial Hornu/Colfontaine, apprennent à se connaitre les uns et les autres avec l’animateur d’Entraide et Fraternité, Bruno di Pasquale.

A quoi pense-t-on quand on entend le mot « Afrique » ?  

Plusieurs ateliers ludiques se suivent pour découvrir les attentes de chacun durant ce projet mais aussi les angoisses et les peurs que les élèves peuvent ressentir avant le voyage. Les animateurs prennent la peine de répondre aux questions du groupe en déconstruisant petit à petit les idées préconçues que chacun peut avoir sur le grand continent africain. Certains s’attendaient à voir des lions au Rwanda ? Et bien il n’y en a pas. Il en va de même pour les tigres, les éléphants et les zèbres. L’Afrique est constituée de 54 pays, et chacun d’entre eux a sa propre histoire, sa culture, sa langue, sa faune et sa flore et ses particularités qu’on aurait parfois tendance à oublier. 

C’est justement l’un des grands objectifs de MWA : apprendre à développer un esprit critique toujours en quête de plus d’informations. Dans un monde aujourd’hui globalisé, où des images du bout du monde apparaissent constamment sur nos écrans comme faisant partie de notre quotidien, il devient difficile de pas perdre le fil de l’information. D’où l’importance de sensibiliser les jeunes afin qu’ils s’attardent, avec concentration et intérêt, à comprendre les particularités de tous ces pays qui font la richesse de notre monde. Prendre le temps de comprendre une culture, ses valeurs, ses idées et son histoire devient primordial si l’on veut pouvoir devenir un citoyen conscient et instruit pour participer intelligemment à nos sociétés.  

«Le projet MWA c’est une possibilité offerte à des jeunes d’aller voir ailleurs et de se rendre compte d’une autre réalité de terrain. Il faut surtout se rendre compte que, grâce à l’aide de Move, les écoles plus fragilisées ont le budget pour participer à ces formations. C’est vraiment une idée super de La Libre et c’est un vrai défi de le continuer»

Dolores Fourneau, Responsable du pôle jeune chez Entraide et Fraternité 

Tour à tour, les élèves écrivent leurs peurs, leurs envies, leurs souhaits ou encore leurs angoisses sur une grande pancarte. Ensuite, tous ensemble, les élèves et leurs professeurs ont pris le temps de relire le tout et d’en discuter avec Bruno, l’animateur d’Entraide et Fraternité.

Une coopération interONGs 

Et la formation ne fait que commencer ! Bientôt tous les élèves des 7 écoles sélectionnées se retrouveront pour un week-end complet de formation en commun à Jambes. Au programme, sac de couchage, matelas pneumatiques et trousse de toilette, pour passer une nuit ‘à la scout’ dans les locaux de l’Institut Sainte-Marie Jambes. Les écoles de Bruxelles, de Charleroi, de Jemappes ou encore de Tournai se verront rassemblées pour, ensemble, essayer de déconstruire une vision préfabriquée de l’Afrique et comprendre toutes ses particularités. Plus globalement, il s’agira d’analyser les relations Nord/Sud et les actions menées par la coopération internationale afin de pallier aux distorsions aiguës qui existent aujourd’hui entre ces deux hémisphères. On abordera la sécurité alimentaire, les inégalités dans le monde, les stéréotypes de genre, l’immigration et encore bien d’autres thématiques fondamentales pour avoir un œil éclairé sur ce qui se passe dans notre société actuelle. Les ONG participantes mèneront de concert cette grande étape du projet MWA en proposant des ateliers variés. « Un des grands plus de MWA, c’est la dynamique qui a été mise en place au niveau des ONGS. Grâce à ce projet, nous nous rassemblons et travaillons ensemble dans une même optique d’éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire (ECMS). Il y a eu un vrai rapprochement. Je n’ai trouvé ça nulle part ailleurs » confie Dolores Fourneau, responsable du pôle jeune d’Entraide et Fraternité. Un week-end qui s’annonce haut en couleurs et qui suppose déjà une première ouverture sur l’altérité.

Constance Frère 

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