RDCongo/Rwanda: Bosco Ntaganda condamné à 30 ans de prison par la CPI

RDCongo/Rwanda: Bosco Ntaganda condamné à 30 ans de prison par la CPI

 
Par Marie-France Cros.
 
Jugé coupable en juillet dernier, par la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, Bosco Ntaganda a entendu ce jeudi matin la sentence du tribunal: 30 ans de prison. Une condamnation accueillie favorablement par les organisations de défense des droits de l’homme.

 
Le 8 juillet dernier, la CPI avait estimé Bosco Ntaganda, 46 ans, coupable directement de trois accusations et indirectement de quinze autres, des crimes de guerre et contre l’humanité commis en Ituri (nord-est du Congo) – même si l’homme, surnommé « Terminator », s’était surtout fait connaître pour son rôle au Nord-Kivu (est du Congo) dans les années qui suivirent.
 
Constitué prisonnier
 
Ntaganda est détenu depuis 2013, après s’être constitué prisonnier à l’ambassade des Etats-Unis au Rwanda, alors qu’il était en fuite après sa défaitte militaire face aux troupes coalisées de la RDCongo et de l’Onu, qui combattaient la rébellion du M23, qu’il dirigeait, au Nord-Kivu.
 
Son procès avait débuté en 2015. Le 8 juillet 2019, la CPI l’avait jugé « coupable au-delà de tout doute raisonnable » de 13 accusations de crimes de guerre et 5 de crimes contre l’humanité en Ituri, entre le 6 août 2002 et le 31 décembre 2003.
 
Selon la CPI, Bosco Ntaganda, un officier charismatique né au Rwanda, a appliqué « une stratégie préconçue visant la population civile » d’Ituri, alors qu’il dirigeait la milice armée hema (une ethnie de l’Ituri) du FPLC. Le premier chef de cette dernière avait été Thomas Lubanga, le premier accusé de la CPI, en 2006, condamné en 2012 à 14 ans de réclusion; il doit être libéré l’an prochain, sa peine effectuée.
 
Le procureur de la CPI avait délibérément limité ses accusations contre Thomas Lubanga au recrutement d’enfants-soldats, une stratégie qui a été critiquée. Bosco Ntaganda, condamné jeudi à plus du double de la peine de son prédecesseur, était, lui, poursuivi pour des attaques délibérées de civils, meurtres, viols et esclavage sexuel, déplacement forcé de populations, enrôlement d’enfants-soldats, pillages.
 
Les deux hommes étaient des acteurs du conflit entre Hemas et Lendus pour le contrôle de la terre, un conflit récurrent depuis le début du XXème siècle et qui a, été relancé cette année.  
 
« Numéro deux » de l’armée au Kivu, malgré un mandat d’arrêt
 
Après ses méfaits en Ituri, Bosco Ntaganda avait combattu …pour le compte de l’armée congolaise, entre 2007 et 2012. Il fut même le « numero deux » de celle-ci au Kivu, en dépit d’un mandat international lancé par la CPI qui avait laissé l’ex-président Joseph Kabila de glace.
 
La condamnation de Thomas Lubanga par la CPI, en mars 2012, avait cependant décidé Bosco Ntaganda à prendre le maquis: il redoutait que Joseph Kabila finisse par le livrer à la CPI. Il avait pris la tête d’une mutinerie, devenue rébellion, jusqu’à sa défaite militaire de 2013.
 
Le procès ne s’arrête pas là: dès le verdict de culpabilité, l’été dernier, Bosco Ntaganda a interjeté appel.

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