RDC: sept ambassadeurs, dont celui de Belgique et de l’UE, accrédités à Kinshasa

RDC: sept ambassadeurs, dont celui de Belgique et de l’UE, accrédités à Kinshasa

Sept nouveaux ambassadeurs, dont celui de Belgique, ont présenté leurs lettres de créances au président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, ont annoncé la présidence de la République démocratique du Congo (RDC) et l’agence congolaise de presse (ACP), reçue vendredi à Bruxelles. M. Tshisekedi a reçu ces ambassadeurs en audience jeudi à Kinshasa, pour la première cérémonie de remise de lettres de créances depuis son accession au pouvoir, le 24 janvier dernier au terme d’élections générales contestées.

Les sept ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires désormais accrédités en RDC sont celui de l’Union européenne, le Français Jean-Marc Châtaigner – qui succède au diplomate belge Bart Ouvry, déclaré persona non grata en décembre dernier dans un contexte très tendu en RDC, à l’approche d’élections générales plusieurs fois reportées – l’Angolais Miguel Da Costa, le Suisse Roger Denzer, le Belge Johan Indekeu, l’Italien Luca Attanasio, le Suédois Henric Rasbrant, et le nonce apostolique, le prélat italien Ettore Balestrero, a précisé la présidence sur Twitter.

La ministre congolaise des Affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza, et le directeur de cabinet du Chef de l’Etat, Vital Kamerhe, ont assisté à la cérémonie, organisée au Palais de la Nation, selon l’ACP (officielle).

L’accréditation de MM. Châtaigner et Indekeu marque la normalisation des relations entre Kinshasa d’une part et l’UE et la Belgique, ancienne puissance coloniale, d’autre part voulue par le nouveau chef de l’Etat et exprimée dès son entrée en fonction lorsqu’il a pris la succession du président Joseph Kabila Kabange (au pouvoir de 2001 à janvier dernier).

Le précédent ambassadeur belge en RDC, Bertrand de Crombrugghe de Picquendaele, avait été rappelé à Bruxelles en janvier 2018 sur fond de tensions diplomatiques entre les deux pays – tout comme entre Kinshasa et l’UE – causées par les retards pris dans l’organisation des élections (présidentielle, législatives et provinciales), initialement prévues fin 2016 et les critiques exprimées par l’Occident.

Le régime de l’ancien président Kabila avait pris une série de mesures de rétorsion contre la Belgique: suspension de la coopération militaire belgo-congolaise, fermeture du bureau de coopération installé au sein de l’ambassade à Kinshasa, celle du consulat général de Lubumbashi (sud-est), le seul poste diplomatique belge dans la partie orientale du pays, et celle de la Maison Schengen à Kinshasa – une sorte du bureau consulaire belge chargé de traiter les dossiers des Congolais demandeurs de visa au profit de 18 pays européens.

Mais la RDC et la Belgique, l’ancienne puissance coloniale, émergent de cette profonde crise. M. Indekeu a rejoint Kinshasa à la mi-août, succédant à un chargé d’affaires, Philippe Bronchain.

Kinshasa avait aussi exigé en décembre 2018 le rappel de l’ambassadeur de l’UE, Bart Ouvry, en guise de protestation contre les sanctions européennes imposées à quelques personnalités proches de l’ex-président Kabila.

Selon la radio onusienne Okapi, l’arrivée de Mgr Balestrero constitue elle aussi un signe de réchauffement entre Kinshasa et le Vatican. Le pape François avait en effet nommé en juillet 2018 un diplomate de haut niveau à l’ambassade du Saint-Siège en RDC, après que le Vatican eut été contraint de rappeler le nonce apostolique.

Dans une déclaration, le Vatican indiquait que Mgr Balestrero avait été envoyé à Kinshasa pour « régler » les affaires de l’ambassade, un jargon diplomatique inhabituel qui suggère que le gouvernement congolais de l’époque n’avait pas officiellement accepté la candidature.

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