Guinée-Conakry : Un millier de jeunes interpellés

Guinée-Conakry : Un millier de jeunes interpellés

Par AFP

Les autorités guinéennes ont procédé depuis une semaine à l’interpellation d’un millier de jeunes, dont des centaines de ressortissants de pays voisins, les présentant soit comme une menace pour la sécurité du pays, en pleine crise politique, soit comme des migrants à la recherche d’argent facile.

« Nous avons à ce jour interpellé près de 1.000 jeunes Guinéens et étrangers des pays limitrophes, qui ont fait de la Guinée leur terreau fertile à cause de cette affaire de gains faciles« , a déclaré lundi à l’AFP un responsable des services de sécurité.

Après une vague de 141 arrestations la semaine dernière dans la banlieue de Conakry, quelque 500 personnes ont été interpellées en Haute-Guinée, frontalière du Mali et de la Côte d’Ivoire, et en Basse-Guinée, selon cette source. « Nous avons même interpellé deux Pakistanais à Kankan (Haute Guinée)« .

La multinationale chinoise QNet

Ce responsable semble lier cette vague d’arrestations aux pratiques de la multinationale QNet, spécialisée dans la vente directe d’objets divers, qui aurait fait miroiter la possibilité de faire fortune en Guinée à de très nombreux jeunes des pays voisins (Sénégal, Guinée Bissau, Mali…), dont des dizaines de ressortissants ont été placés en détention.

Le gouverneur de la deuxième ville du pays, Kankan, Mohamed Gharé, doute toutefois des intentions uniquement pacifiques de ces jeunes, que le gouvernement a qualifiés « d’infiltrés« , alors que le pays vit depuis la mi-octobre au rythme des manifestations contre un éventuel troisième mandat (interdit) du président Alpha Condé, qui ont fait une dizaine de morts.

Détenteurs de grigris

« Certains individus étaient détenteurs d’amulettes, de grigris et d’autres objets mystiques de protection antiballes« , a déclaré le gouverneur, jugeant ces objets inutiles pour « celui qui vient chercher de l’argent« .

Un représentant des Maliens de Guinée, Mohamed Sidibé, a réfuté ces accusations, estimant que ses compatriotes étaient « plutôt des victimes que des suspects« . Un jeune Malien, Hamidou Telly, explique que si certains de ses camarades, venus dans l’espoir de « trouver du boulot« , étaient en possession de grigris, c’est parce que cela « fait partie de la tradition africaine« .

QNet, société basée à Hong-Kong, est en conflit depuis des mois avec les autorités guinéennes, qu’elle accuse de mener une campagne de « dénigrement ». « En Guinée comme dans d’autres pays africains, le modèle d’affaire de QNet est méconnu, ce qui ouvre la brèche à des incompréhensions et à l’assimilation à des modèles illégaux tels que les plans pyramidaux », s’est défendu dimanche un responsable local de la société.

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