Crise au Soudan – Les pourparlers entre Khartoum et rebelles dans l’impasse

Crise au Soudan – Les pourparlers entre Khartoum et rebelles dans l’impasse

Les pourparlers de paix entre Khartoum et des rebelles soudanais ont été suspendus mercredi à Juba avant même d’avoir débuté, un des groupes rebelles accusant les forces gouvernementales de bombarder ses positions au Kordofan-Sud. Les pourparlers de paix entre des représentants du gouvernement soudanais et de groupes rebelles du Darfour (ouest), du Kordofan-Sud (sud) et du Nil Bleu (sud-est) ont été officiellement lancés lundi dans la capitale du Soudan du Sud, en présence des chefs d’Etat d’Ethiopie, Egypte, Rwanda, Ouganda et Soudan du Sud.

Le premier face à face devait avoir lieu mercredi.

Mais Amar Amoua, secrétaire général du Mouvement de libération du peuple du Soudan – Nord (SPLM-N), actif dans les régions du Nil Bleu et du Kordofan-Sud, a annoncé mercredi qu’il ne participerait aux pourparlers que si le gouvernement retirait ses forces des montagnes Nuba, au Kordofan-Sud.

« Notre retour à la table des négociations dépend de la décision du gouvernement de mettre de l’ordre dans tout cela », a-t-il déclaré à la presse à Juba.

Il a affirmé que, depuis une dizaine de jours, le gouvernement bombarde leurs positions dans les montagnes Nuba, malgré un cessez-le-feu non officiel, soutenant qu’au moins un chef local a été tué et que plusieurs hommes d’affaire ont disparu.

« Le gouvernement devrait retirer ses forces et arrêter de gagner et occuper de nouvelles zones », a lancé Amar Amoua.

Le gouvernement a pour sa part attribué ces violences à des bergers armés qui auraient attaqué des marchands.

« Le gouvernement regrette et condamne dans les termes les plus forts ces événements malheureux qui continuent de se produire dans la zone et dans d’autres parties du pays », a déclaré Mohammed Hassan, un porte-parole de la délégation envoyée par Khartoum. « Nous regrettons que ces événements aient lieu à un moment ou certains entament des négociations de paix ».

Un membre de l’équipe de médiation sud-soudanaise, Dhieu Mathok, a indiqué que cette dernière enquête sur les accusations d’attaque formulées par le SPLM-N. « Cela n’arrêtera pas le processus de paix », a-t-il assuré.

Le nouveau Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, a promis de mettre fin aux conflits entre Khartoum et les groupes rebelles opérant sur son territoire, qui ont fait des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés dans des régions qui s’estiment marginalisées par le pouvoir central.

Il est en poste depuis le 21 août à la suite d’un accord entre militaires et contestataires prévoyant une transition du pouvoir aux civils. Cette période de transition s’est ouverte après des décennies d’autoritarisme sous Omar el-Béchir, destitué par l’armée le 11 avril sous la pression populaire. DGO/​

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