Le roi du Maroc appelle les banques à soutenir les jeunes

Le roi du Maroc appelle les banques à soutenir les jeunes

Le roi Mohammed VI a appelé vendredi les banques marocaines à « s’associer à l’effort de développement » du pays, en accompagnant les jeunes, très touchés par le chômage, et les petites et moyennes entreprises.

Il faut corriger la « perception négative » de « certaines catégories de la population » qui voient le secteur bancaire « comme un organisme ne recherchant qu’un profit immédiat et sans risque », a dit le souverain dans un discours prononcé à l’ouverture de la session parlementaire à Rabat.

« Cette représentation est justifiée par des faits, tels que le difficile accès des jeunes entrepreneurs au crédit, le faible accompagnement des diplômés et des petites et moyennes entreprises », a souligné le monarque.

« Clé de voûte de toute stratégie de développement », les banques se concentrent sur les grandes entreprises et les investissements à l’étranger, notamment en Afrique, a-t-il dit.

Insistant sur la « responsabilité sociale » du secteur financier, le roi a souhaité une « implication plus vigoureuse dans la dynamique de développement », pour accompagner les « activités génératrices d’emploi et d’insertion socioprofessionnelle ».

« Les efforts de l’Etat ne suffisent pas », a-t-il dit.

Le chômage, qui a légèrement baissé en 2018 de 10,2% à 9,8%, touche de plein fouet les jeunes urbains et les diplômés, avec un taux qui « croît avec le niveau de qualification », selon les dernières statistiques officielles.

Plus de quatre jeunes urbains sur dix (43,2%) âgés de 15 à 24 ans sont au chômage. Le chômage concerne 3,4% de ceux sans aucun diplôme et 17,2% des diplômés, selon la même source.

En phase avec sa volonté d’ouvrir une « étape nouvelle » pour corriger les profondes inégalités persistant dans son pays après vingt ans de règne, le roi a aussi appelé les députés à répondre « aux préoccupations des citoyens ».

Dans son dernier rapport, la Banque mondiale estime que près du quart des 35 millions de Marocains peuvent « être considérés comme pauvres ou menacés de pauvreté », jugeant ce nombre « étonnamment élevé ».

Le gouvernement marocain table sur une croissance économique de 2,9% en 2019, en phase avec la baisse régulière enregistrée depuis la fin des années 2000 –la croissance s’établissait en moyenne autour de 4,8 % entre 2000 et 2008.

En juillet dernier, la Banque centrale marocaine analysait la situation de la croissance et de l’emploi comme une conséquence directe de « l’atonie de l’investissement privé ».

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