RDC : Négociations avec le FMI, tout reste à faire

RDC : Négociations avec le FMI, tout reste à faire

La République démocratique du Congo (RDC) va négocier un nouveau programme d’aide avec le Fonds monétaire international (FMI). C’est ce qu’a annoncé, la semaine dernière, le gouvernement du pays d’Afrique centrale.

D’après les autorités, un nouvel accord pourrait être conclu avec l’institution de Bretton Woods, au cours des prochains mois.

« Le FMI examinera dans un délai de six mois un programme à court terme avec le gouvernement », ont indiqué les autorités dans un compte-rendu, sans donner plus de détails par rapport au montant ou à la durée du programme qui pourrait être conclu.

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L’information intervient, alors que le budget du gouvernement congolais, le premier de l’ère Tshisekedi, tarde encore à être transmis à l’Assemblée nationale.

L’annonce d’un budget à 7 milliards de dollars, il y a quelques jours, avait fait l’objet de vives critiques, le montant étant jugé trop faible par la société civile, pour permettre le changement promis par le nouvel homme fort du pays, lors de sa campagne. Le retard dans la présentation du projet serait notamment dû, selon certaines indiscrétions, à une volonté de le revoir à la hausse. Il faut rappeler que le candidat Tshisekedi, lors de sa campagne avait annoncé vouloir investir 80 milliards en dix ans pour la relance du pays. Avec un budget total de 7 milliards pour la première année, seuls les frais de fonctionnement pourront à peine être financés… sans le moindre investissement pour l’avenir du pays.

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Dans les faits, les discussions sur un éventuel programme d’assistance n’ont pas encore formellement commencé et ce type de programme est toujours assorti de conditions qu’il faudra négocier.

En attendant cette future tape, le FMI a sorti une liste de recommandations en direction du nouveau pouvir en place. Cette liste de pointe notamment la limitation des exemptions de taxes, la simplification du régime fiscal et insiste surtout pour que les revenus miniers soient davantage reversés dans les comptes du Trésor public. Il appelle aussi à plus d’orthodoxie budgétaire et à réduire le recours aux procédures d’urgence, à assainir la gestion des finances publiques.

La RDC devrait terminer cette année avec une croissance en baisse à 4,3% contre 5,8% en 2018. Le FMI indique que les revenus miniers seront moins importants que l’an dernier. Le FMI s’inquiète aussi de l’accumulation de « dettes intérieures »  et de la non-publication d’audits financiers de certaines entreprises publiques.

L’institution de Bretton Woods insiste sur l’importance de la lutte contre la corruption et l’amélioration de la gouvernance. « Deux éléments essentiels pour renforcer l’efficacité des dépenses publiques et les perspectives de croissance » en RDC.

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La prochaine mission du FMI en RDC devrait avoir lieu dans le courant de ce mois d’octobre. Cette mission doit se pencher sur l’évaluation de la gouvernance.

Pour rappel, le dernier programme d’aide du FMI en faveur du pays remonte à 2012. Celui-ci, conclu en 2009, pour un montant de 560 millions dollars, avait été suspendu en raison d’un contrat minier jugé opaque, conclu entre le gouvernement de l’ancien président Joseph Kabila et une compagnie américaine domiciliée dans un paradis fiscal.

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