Bruxelles s’affirme parmi les AfriCapitales culturelles

Bruxelles s’affirme parmi les AfriCapitales culturelles

Spectacles, expos, débats, performances, films et African market… Du 4 au 24 octobre, les Halles de Schaerbeek accueillent un large éventail d’artistes africains et afrodescendants pour créer des oeuvres en partenariat avec les Bruxellois. Mode, gastronomie et DJ sets font aussi partie de ce programme éclectique et en partie gratuit qui préfigure la tenue, en 2020 à Marrakech, de la première édition du projet itinérant Capitales africaines de la Culture.

Créativités africaines et afroxelloises

L’idée est de « célébrer la culture au sens large » et le « modèle » est celui des Assemblées d’avril mises en place par les Halles de Schaerbeek et Africalia il y a deux ans déjà, soit 15 jours de rencontres entre étudiants africains et européens d’écoles et/ou de cursus artistiques supérieurs. « On a assisté à un dialogue fertile entre (futurs) artistes au départ de leurs expériences, mais aussi au contact de la population bruxelloise », explique Christophe Galent, le directeur artistique des Halles de Shaerbeek.

Cette année, l’événement prend une nouvelle ampleur : « Quatre collectifs afroxellois (dont Roots Events et Café Congo, NdlR), représentés par quatre femmes, ont eu carte blanche pour inviter artistes et intervenants afin de proposer un parcours de découvertes et de rencontres aux Bruxellois. » Le résultat est à découvrir pendant trois semaines aux Halles et de façon très intensive lors du week-end du 18 au 20 octobre..

Films, conférences, lectures, ateliers : « Il s’agit de montrer le bouillonnement, les pulsations afroxelloises, afrodescendantes et africaines en accueillant créateurs du continent et de la diaspora« , précise Gia Abrassart de Café Congo. Soit tous ceux qui vivent et font vivre l’Afrique, ici et là-bas.

« Kabareh Cheikhats » ouvre le festival Bruxelles/Africapitales ce vendredi 4 octobre à 20h. Photo: Manon Aubel

Cela débute avec un grand Cabaret aux couleurs du Maroc ce vendredi à 20h (photo ci-dessus) et cela se ramifie au fil des jours, des parcours d’artistes et des réflexions sur l’Afrique jusqu’au « finissage » qui célébrera l’ensemble des œuvres nées en « live » en lien direct ou grâce à l’intervention du public.

« Plus on avancera dans le mois, plus cela s’accélérera car, au départ, il faut donner le temps aux créations de s’élaborer. À partir du 17-18 octobre, l’événement se tiendra tous les soirs » pour donner vie à des œuvres collectives, durables et nomades conçues notamment par deux artistes ivoiriens Pascal Konan et Joachim Silué et un peintre et sculpteur béninois, Nathanaël Vodouhè.

« Au fur et à mesure, la Grande Halle sera peuplée de nouvelles œuvres dont l’une partira ensuite en Italie à la Fondation nationale de la danse au sein d’une installation qui verra 16 plasticiens et 16 chorégraphes participer à des ‘micro-danses’ », souligne Christophe Galent.

Joachim Silué, artiste ivoirien, est l’un des trois plasticiens qui vont créer des oeuvres en direct pour habiller les Halles.

Créer en direct « live » avec le public

« Notre volonté est que ce festival soit ouvert à tous pour que le public se rende compte de la créativité afroxelloise et qu’il entre dans un dialogue plus intense avec les diasporas. Pour mettre en avant cette image de Bruxelles, ville hyperdiversifiée », insiste Gia Abrassart. Un axe sur lequel les Halles travaillent depuis de nombreuses années.

En parallèle des différents temps forts proposés – improvisation dansée, théâtre, lectures, contes, photo, slam -, le projet Gens de Bruxelles prendra forme. « La comédienne Bwanga PiliPili va travailler surtout avec les femmes et le photographe Laïd Liazid va dresser des portraits instantanés de Bruxellois afin de montrer la diversité de la capitale » (184 nationalités au compteur) et collecter ses récits. Quatre troupes – Le Cartel et Les Récréatrales (Burkina Faso) Amizero et Mashikira (Rwanda) – s’empareront de ces micro-histoires et les restitueront à travers quatre soirées participatives (du 17 au 20/10).

Inspiré du texte « Les Damnés de la terre » de Frantz Fanon, le spectacle « Les Sans » est à découvrir le 11/10 aux Halles.

Penser aussi l’Afrique de demain

Création et réflexion vont fusionner au sein du festival où l’on croisera aussi bien des écrivains que des slameurs, des danseurs et des musiciens, des photographes et des conteurs, des « vieilles mamans » et des designers. Le tout dans un écrin conçu par trois artistes soutenus par la Fondation Montresso, au travail au cœur des Halles jusqu’au 24 octobre. Il y sera question d’une pièce inspirée des écrits de Frantz Fanon (11/10), des parcours des migrants mais aussi du Discours aux nations africaines (24/10) écrit par Felwine Sarr et porté par la voix du grand acteur burkinabé Étienne Minoungou.

Un moment de rencontre est également prévu avec Jean-Pierre Elong Mbassi (19/10) qui représente le nouveau programme des Capitale africaines de la culture. Son but : célébrer la richesse et l’indépendance culturelles du continent. Le premier rendez-vous, fixé à Marrakech en 2020, abordera la question du lien avec les afrodescendants et les diasporas. Ces trois semaines de créativité aux Halles anticipent donc l’événement. Le projet Gens de Bruxelles sera d’ailleurs présenté à Marrakech et continuera ensuite à voyager.

Entre films (EUphoria, Chez Jolie Coiffure, La mémoire blessée, Habille-nous Africa), danse (M.A.K.T.O.U.B; Hapa, ici et d’ailleurs), spectacles (Les Sans, Spirit Child, Stand Up), recontres-débats (Rue du pardon, Décoloniser la finance, Art Talk, Discours aux nations africaines), contes, slam, gastronomie et DJ sets, il y en a vraiment pour tous les goûts. A chacun de faire son chemin…

Karin Tshidimba

Infos et programme : www.halles.be

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