Pas de levée rapide des sanctions US contre des responsables congolais (envoyé spécial)

Pas de levée rapide des sanctions US contre des responsables congolais (envoyé spécial)

Les Etats-Unis ne devraient pas lever rapidement les sanctions imposées à des personnalités congolaises proches de l’ancien président Joseph Kabila Kabange, contrairement au souhait de l’actuel chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a affirmé l’envoyé spécial du président américain pour la région des Grands Lacs, Peter Pham, cité mercredi par la presse kinoise. M. Pham a rencontré lundi M. Tshisekedi à Washington alors que le président congolais termine une tournée aux Etats-Unis après une visite de près d’une semaine en Belgique.

« Nos sanctions ne sont pas liées à l’élection ou aux résultats des élections. Nos sanctions sont liées à des perturbations des droits humains, à la corruption et à l’ingérence dans le processus électoral bien avant l’élection de 2018 (qui a conduit à la proclamation de M. Tshisekedi comme vainqueur d’un scrutin contesté) », a déclaré l’envoyé spécial américain.

« Les sanctions, c’était pour aider le peuple congolais qui a exprimé la volonté pour le changement. Les sanctionnés sont des personnes qui ont commis des violations des droits humains, la corruption, l’ingérence dans le processus électoral. Ce n’est pas passé. Ce n’est pas le jugement du gouvernement actuel qui a un partenariat à privilégier avec les États-Unis, a-t-il ajouté.

Pham a toutefois souligné que l’administration Trump pourrait revenir sur ses décisions notamment si la justice congolaise se saisissait du dossier, alors que les Etats-Unis sont prêts à fournir des éléments aux magistrats.

Le président Tshisekedi s’est récemment montré favorable à la levée des sanctions internationales qui pèsent sur certains proches de M. Kabila, son allié au sein de la coalition qui dirige la RDC, du moins, pour ceux qui ne sont pas impliqués dans des violations des droits de l’homme.

Après les interdictions de visas, le Trésor américain avait annoncé le 21 mars dernier le gel de tous les actifs du président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Corneille Nangaa, relevant de la juridiction américaine. Les mêmes sanctions avaient frappé l’ancien vice-président de la Céni, Norbert Basengezi et Marcellin Mukolo, un de ses conseillers.

Washington les accusait de saper le processus électoral et les institutions démocratiques en RDC.

L’Union européenne a pour sa part sanctionné – par un un gel des avoirs et une interdiction de visa pour l’UE – seize responsables congolais, dont plusieurs (ex)-ministres et des haut gradés militaires – impliqués, selon elle, dans de « graves violations des droits de l’homme ».​

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