« Radio Congo », « Le père de Nafi »: pour défendre la démocratie, la sagesse du village

« Radio Congo », « Le père de Nafi »:  pour défendre la démocratie, la sagesse du village

« Radio Congo » et « Le père de Nafi »: deux films, présentés au Festival international du film francophone (Fiff) de Namur, évoquent les menaces qui pèsent sur la démocratie en Afrique. A voir à Bruxelles ce mardi soir aussi, avant leur diffusion en Afrique (extrait)

Deux films, présentés en ce moment même au Festival international du film francophone (Fiff) de Namur – une fiction et un documentaire – abordent la démocratie malmenée en Afrique. Pas de façon résignée ou catastrophiste mais bien comme un terrain de résistance et de combat où l’on progresse mètre par mètre, pas après pas. Avec toujours en tête la sagesse et la mesure qu’il faut conserver en toute chose que l’on vive au Sénégal ou au Congo (RDC).

D’un côté, Matam, petite ville paisible située à deux heures de route de Dakar. Un mariage s’y prépare mais alors que l’ambiance devrait être aux réjouissances et aux préparatifs, cette union devient le lieu d’une lutte de pouvoir entre deux frères: l’un, imam, et l’autre en campagne pour devenir maire. Au risque de compromettre les rêves d’avenir de leurs deux enfants. Le père de Nafi répugne en effet à laisser sa précieuse fille épouser le fils d’Ousmane, son frère parti depuis des années et devenu un proche allié des terroristes voulant imposer leur vision de la religion dans la région.
Séduits par l’argent et les promesse d’Ousmane, les citoyens de Matam se détournent peu à peu de leur imam tandis que les deux jeunes «fiancés» résistent comme ils peuvent à la pression de leurs pères respectifs. Jusqu’à quand… Le père de Nafi, premier long métrage de Mamadou Dia présenté en compétition à Namur, a déjà remporté deux prix au Festival de Locarno, en août dernier. Et va seulement démarrer sa tournée de projection en Afrique.

Pour écrire son scénario, le cinéaste Mamadou Dia dit avoir été inspiré par ses visites au Mali avant et après l’invasion de Tombouctou : « Personne n’a semblé voir venir la catastrophe et c’était la même chose lorsque je terminais mes études à New York et que Donald Trump a été élu. A chaque fois, après réflexion, on se rend compte qu’il y a eu des signes que l’on a décidé d’ignorer ou de ne pas voir. Cela doit nous inciter à rester vigilant… Le Sénégal n’est pas dans cette situation-là aujourd’hui mais le Mali ou le Nigeria pensaient-ils que cette vague terroriste les toucherait ? »

Montré dimanche dans le cadre du Fiff, le film sera encore visible ce mardi à 15h30, toujours à Namur, mais sera aussi projeté mardi à 20h à Bozar à Bruxelles.

Débats et démocratie sur les ondes

Dans Radio Congo, on suit le staff de Radio Nsemo, radio communautaire d’Idiofa, petite ville du Bandundu (Province du Kwilu), située à deux jours de route de Kinshasa. Malgré le manque de moyens et les coupures répétées de courant, la radio lutte pour couvrir les débats en cours à la veille d’une élection nationale historique. (Prévues en 2016, les élections ont finalement eu lieu en décembre 2018) Philippe Aymé a filmé cette petite communauté directement impliquée dans la survie quotidienne de sa radio jusqu’au grand jour d’élections sans cesse reportées.

Sur les ondes, opposants et partisans de Kabila s’expriment sans censure, malgré la peur qui, parfois, les tenaille. Les voix de quelques femmes engagées s’y font entendre pour revendiquer une place plus visible dans la société. L’attente du changement se révèle très forte…

Soutenue par Africalia, la projection du film, ce mardi à 18h au cinéma Caméo à Namur, sera suivie d’un débat intitulé «Presse et démocratie au Congo». Grâce aux décentralisations du Fiff, il sera également possible de voir le long métrage mercredi à 19h, au cinéma Galeries à Bruxelles.

Karin Tshidimba

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