Dix ans après Conakry, les familles attendent toujours que justice soit rendue

Dix ans après Conakry, les familles attendent toujours que justice soit rendue

Dix ans après le massacre du 28 septembre 2009, lors duquel plus de 150 opposants au régime militaire du président Moussa Dadis Camara avaient été tués par les forces de sécurité nationales dans le stade de Conakry (Guinée), les familles des victimes attendent toujours que justice leur soit rendue, fustige mercredi Human Rights Watch dans un communiqué. Six organisations réclament l’ouverture d’un procès dans les plus brefs délais. Fin 2009, une commission d’enquête internationale de l’ONU avait conclu qu’au moins 156 personnes avaient été tuées ou ont disparu et qu’au moins 109 femmes avaient été victimes de viols ou d’autres violences sexuelles.

Les opposants s’étaient, le 28 septembre 2009, rassemblés dans le plus grand stade de Conakry pour réclamer que le président autoproclamé depuis décembre 2008, Dadis Camara, ne se présente pas à la prochaine élection présidentielle. Le déferlement de violence s’était poursuivi durant plusieurs jours, faisant plus de 1.000 blessés.

Dix ans plus tard, l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 (AVIPA), l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH), Les Mêmes droits pour tous (MDT), la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Amnesty International et Human Rights Watch réclament que les responsables soient enfin amenés à répondre de leurs actes.

Une enquête menée par des juges d’instruction guinéens a été ouverte en février 2010 et bouclée fin 2017. Quelques mois plus tard, un comité de pilotage a été chargé d’organiser le procès, mais aucune date n’a pour l’instant été fixée et aucun juge désigné. Le comité ne se réunit que par intermittence, fustigent les organisations.

Plus de 13 suspects ont été inculpés, dont Dadis Camara, actuellement en exil au Burkina Faso, ainsi que son vice-président, Mamadouba Toto Camara. Plusieurs individus inculpés de charges liées aux homicides et aux viols occupent toujours des postes d’influence, pointent les ONG.

La Cour pénale internationale (CPI) a ouvert une enquête préliminaire en octobre 2009, mais elle ne prendrait le relais que si les juridictions nationales ne veulent pas juger les affaires pour lesquelles elles sont compétentes.

« Le président Alpha Condé a affirmé son engagement à mettre fin à l’impunité. Il doit appuyer sans équivoque l’ouverture du procès dans les plus brefs délais », conclut l’OGDH.​

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