Afrique du Sud: suppression de près de 6.000 emplois dans les mines à Marikana

Afrique du Sud: suppression de près de 6.000 emplois dans les mines à Marikana

La compagnie minière sud-africaine Sibanye-Stillwater a annoncé mercredi la suppression de près de 6.000 emplois sur son site de Marikana (nord), théâtre du massacre en 2012 de 34 grévistes par la police.

« Environ 5.270 emplois – 3.904 salariés et 1.366 contractuels – devraient être perdus en raison de la restructuration » de la mine de platine pour cause de « pertes financières », a annoncé Sibanye Water dans un communiqué.

Plusieurs puits ont atteint leur fin de vie à Marikana, a précisé la compagnie.

Actuellement, quelque 26.500 personnes travaillent sur le site pour Sibanye Water, l’un des plus gros pourvoyeurs d’emplois dans les mines d’Afrique du Sud.

Sibanye-Stillwater, principal producteur d’or du pays, a racheté plus tôt cette année le troisième producteur de platine au monde, Lonmin, qui possédait les mines de Marikana.

Le plan de dégraissage annoncé mercredi s’ajoute à la suppression de 6.000 emplois annoncée par Sibanye-Stillwater en début d’année, cette fois dans ces mines d’or.

Le nouveau plan « montre que le principe du profit l’emporte sur l’emploi », a réagi l’Association sud-africaine des mineurs et des travailleurs du bâtiment (AMCU).

« La triste réalité est que si les travailleurs parviennent à éviter la mort en travaillant dans ces mines », la loi « devient une autre arme pour assurer de supers profits aux patrons des mines », a-t-elle déploré dans un communiqué.

Victime des variations des cours des matières premières et de la hausse de ses coûts de production, le secteur minier sud-africain, jadis un des principaux contributeurs de richesses du pays, a entamé un lent déclin.

L’an dernier, les groupes Gold Fields (or) et Implats (platine) avaient annoncé plusieurs milliers de suppressions d’emplois.

La mine de Marikana a été au coeur de l’actualité en 2012 lors d’une grève de salariés, très violemment réprimée par les forces de l’ordre qui avaient abattu 34 personnes.

Cette fusillade, la pire depuis la fin du régime de l’apartheid en 1994, avait déclenché une violente vague d’arrêts de travail dans les mines du pays, faisant une soixantaine de morts.

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