RDC : Pas de signature d’accord de coopération militaire avec la Belgique

RDC : Pas de signature d’accord de coopération militaire avec la Belgique

Fin du voyage du président congolais en Belgique. Quatre jours bien remplis. Des rencontres en pagailles, des promesses de lendemain qui chantent de part et d’autre mais aucune avancée sur la relance de la coopération militaire.

Les textes étaient prêts, ils n’attendaient que la signature des ministres en charge de ces portefeuilles, Aimé Ngoy Mukena, ancien gouverneur du Katanga au début des années 2000, et Didier Reynders, qui cumule ce portefeuille avec celui de ministre des Affaires étrangères depuis le mois de décembre dernier et le départ de la NV-A du gouvernement belge.

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« Tout était prêt », confie-t-on côté militaire belge. « Mais le ministre congolais de la Défense dont on pensait qu’il était dans l’avion du président et qui était annoncé dans la délégation présidentielle, n’est jamais arrivé », poursuit-on à même source où l’on se veut rassurant. « Ce sera juste un petit retard de quelques semaines ou quelques mois, le temps que les ministres se retrouvent pour signer le texte ».

Premier souci, le ministre Reynders est en partance pour l’Union européenne s’il réussit, dans les prochains jours, son examen oral devant le Parlement européen, et le gouvernement belge est largement démissionnaire.

« Kabila n’en veut pas »

Autre souci, bien plus embêtant, le ministre congolais ne serait pas demandeur de cet accord. A Kinshasa, dans les rangs du PPRD, on ne s’en cache pas, certains prennent même un malin plaisir à expliquer que la non signature relève essentiellement « de la volonté du raïs », alias l’ancien président Joseph Kabila, qui avait fait enterrer le précédent accord de coopération militaire entre les deux pays et qui ne souhaite pas voir revenir des militaires belges en RDC.

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« Le ministre n’était pas dans l’avion parce que Kabila ne le voulait pas », explique un ancien ministre des gouvernements Matata, notamment. « Notre autorité morale n’est pas favorable à ce texte et il ne voulait pas que le ministre de la Défense soit mis sous pression par le président à Bruxelles. »  Et de laisser entendre qu’ il coulera encore beaucoup d’eau dans le fleuve Congo avant que la reprise de la coopération militaire soit ratifiée tant que le portefeuille restera entre les mains de ministre du FCC, la plate-forme kabiliste largement majoritaire au Sénat et à l’assemblée nationale.

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