Santé en Afrique: du Rwanda au Botswana, un rapport sur des projets innovants dans 6 pays

Santé en Afrique: du Rwanda au Botswana, un rapport sur des projets innovants dans 6 pays

Des membres du Conseil présidentiel français pour l’Afrique, qui ont visité 43 projets liés à la santé sur le continent, ont publié jeudi un rapport mettant en lumière des initiatives innovantes au Rwanda, en Ethiopie et au Botswana, à trois semaines de la conférence en France du Fonds mondial de lutte contre le sida.

Yvonne Mburu, chercheuse en immunologie d’origine kényane et membre du Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA) – mis en place en 2017 par le président Emmanuel Macron – et Bruno Rivalan, directeur exécutif adjoint de l’ONG Action santé mondiale, ont ces derniers mois parcouru l’Ethiopie, le Rwanda, le Sénégal, la Guinée, le Botswana et l’Afrique du Sud.

Jeudi, ils ont présenté à des journalistes leur rapport, intitulé « Carnets de santé en Afrique », qui avait été remis fin août à M. Macron.

L’équipe a notamment visité le centre d’oncologie de l’hôpital de Butaro (nord du Rwanda), qui a en 2012 « intégré le premier centre de traitement du cancer d’Afrique de l’Est dans une région rurale ». « Des patients viennent du Congo, d’Ouganda, du Malawi et même du Nigeria » pour s’y faire soigner, a souligné Mme Mburu.

Le rapport évoque le projet « END TB » dans l’hôpital de Bishoftu (centre de l’Ethiopie), dédié « aux essais cliniques et à l’étude observationnelle de nouveaux traitements contre la tuberculose multirésistante », dont les résultats sont « impressionnants »: « près de 80% de taux de guérison grâce à ces nouveaux médicaments, encore en phase d’essais cliniques ».

Parmi les autres projets: une « valise de télémédecine » pour réaliser des examens pointus dans des zones reculées du Sénégal, 19 distributeurs automatiques de médicaments déployés dans des zones urbaines et rurales en Afrique du Sud, ou l’acheminement par des drones de produits sanguins vitaux dans les hôpitaux rwandais situés en dehors de Kigali.

C’est en France, à Lyon (centre-est), que se réunira les 9 et 10 octobre la prochaine conférence triennale du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Elle a pour ambition de lever « 14 milliards de dollars » et « sauver 16 millions de vies supplémentaires », selon un communiqué du Conseil présidentiel pour l’Afrique.

Le Fonds mondial est le fruit d’un partenariat entre Etats, organisations, secteur privé et malades. Les principaux contributeurs sont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et le Japon.

« La concentration des efforts sur la prévention et le traitement des infections des voies respiratoires, du VIH et des maladies diarrhéiques a permis une baisse de 30% du taux de mortalité lié à ces pathologies sur le continent africain », selon le CPA.

« Avec 5,3 milliards d’euros de dons cumulés depuis 2002 », la France « est le premier donateur européen et le deuxième donateur international du Fonds mondial de lutte contre le sida, tuberculose et le paludisme », ainsi que « le premier bailleur d’Unitaid (Organisation internationale d’achats de médicaments) avec 1,7 milliard d’euros de contribution cumulée depuis 2006 », a-t-il ajouté.

« On a voulu montrer que cet argent sert à des fins très utiles, que c’est vu sur le terrain; j’espère que les Français vont voir que cela a sauvé beaucoup de vies », a relevé Mme Mburu.

Cette initiative a un site dédié: « www.carnetsdesante.cpafrique.fr ». « Les porteurs d’initiatives désireux de faire avancer l’accès à la santé sur le continent » africain sont encouragés à se manifester via ce site.​

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