RDC – Belgique : la politique des petits pas

RDC – Belgique : la politique des petits pas

Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères, de la Défense et candidat commissaire européen, sans oublier sa casquette de “démineur” pour la formation du gouvernement fédéral, connaît évidemment bien Félix Tshisekedi qu’il est appelé à accueillir ce lundi. “En Belgique, nous avons eu beaucoup de contacts avec lui mais aussi avec les autres opposants congolais comme Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba ou Martin Fayulu. Nous avons aussi rencontré régulièrement les représentants du pouvoir de Joseph Kabila. La Belgique n’a pas ménagé ses efforts, avec le soutien de l’Union européenne mais aussi des États-Unis, pour que des élections soient organisées en République démocratique du Congo”, expliquait vendredi à La Libre Didier Reynders.
Pas la plus prompte à féliciter Félix Tshisekedi
Et dans la foulée du scrutin du 30 décembre, Bruxelles ne fut pas la capitale la plus prompte et la plus enthousiaste pour féliciter le nouveau président. “Quand les résultats ont été annoncés, on a constaté que les pays de la région, Afrique du Sud en tête, reconnaissaient la victoire de Félix Tshisekedi”, poursuit Didier Reynders pour justifier la position belge, avant de poursuivre toujours sur le mode du “on fait comme les autres”, en expliquant qu’il y a “un consensus général pour dire qu’il faut laisser le temps au président de s’installer et de commencer une nouvelle gouvernance”.

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Le ministre égrène ensuite les projets sur la table comme la reprise “progressive” de la coopération au développement, la coopération militaire, la reprise déjà effective des vols quotidiens de SN Brussels vers Kinshasa. “On va tenter de reprendre progressivement des relations bilatérales et ce déplacement du président Félix Tshisekedi s’inscrit dans cette logique”, poursuit encore le ministre. “Ce sera un processus progressif. On sait que les relations entre nos deux États ont connu beaucoup de hauts et de bas, nous venons de très bas sous l’ancienne présidence, on va essayer de remonter étage par étage, sans brusquer les choses. Il faut que chaque partie fasse sa part de travail et démontre son envie de progresser.”
Des propos tenus par le vice-Premier Reynders quelques heures avant que le Tijd et L’Écho annoncent l’ouverture d’une enquête préliminaire du parquet de Bruxelles à son encontre sur la base des déclarations d’un homme présenté comme un ex-agent de la Sûreté. L’homme s’est rendu en avril dernier à la police judiciaire fédérale pour donner une série d’informations sur des faits de corruption et de blanchiment à l’encontre de Didier Reynders et de l’un de ses hommes de confiance. Les accusations, toutes démenties par le ministre, parlent de pots-de-vin notamment dans le cadre de la construction de la nouvelle ambassade belge à Kinshasa, des noms de corrupteurs sont aussi cités selon les journaux qui évoquent un marchand d’armes et un candidat à la présidentielle congolaise.
Même s’il dément tous les faits, la publication de ces informations à la veille de la visite du président congolais et à quelques jours de son audition au Parlement européen pour décrocher le poste de commissaire à la Justice, tombe particulièrement mal.

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