RDCongo: érosion: la cité Gécamines à Kolwezi très menacée

RDCongo: érosion: la cité Gécamines à Kolwezi très menacée

Une ONG de Dilala (Kolwezi) a dénoncé, fin juillet, les activités minières d’une compagnie mixte sino-congolaise, qui provoque des dégâts considérables dans la cité Gécamines de Kolwezi. Un internaute local fait circuler des images effrayantes.

Dans un communiqué daté du 28 juillet dernier, l’ONG Initiative Bonne Gouvernance et Droits de l’Homme (IBGDH), de Dilala (Kolwezi), a dénoncé les activités minières menées par la société Commus SA (Compagnie minière de Musonoie) dans la cité Gécamines de Kolwezi, où elles provoquent des dégâts très inquiétants puisque les fissures dans le sol ont presque atteint les maisons et que des explosifs sont placés à quelques mètres à peine de celles-ci (voir video).

Une compagnie déjà impliquée dans des cas de pollution en Chine

La Commus est un partenariat entre la Gécamines (28%) et la société chinoise Zijin Mining (72%), une compagnie privée créée en 2000 et cotée aux bourses de Shanghai et Hong Kong, déjà impliquée dans la pollution de rivières en Chine; elle est également majoritaire dans d’autres entreprises au Congo, comme Congo Dongfang International Mining ou la Minière de Kasombo et a une participation de 39,6% dans le plus grand gisement de cuivre du monde, Kamoa-Kakula, à égalité avec Ivanhoe Mines et 20% pour l’Etat congolais.

La Commus a été établie en 2006 à Musonoie, un quartier de Dilala à Kolwezi, que la société chinoise reconnaît comme une « banlieue ».

Des explosions de jour et de nuit

Le communiqué de l’ONG congolaise dénonce des « violations flagrantes contre le droit à la vie » de la population de la cité Gécamines, des « dégâts matériels, dont les secousses des maisons, les ondes de choc, l’inhalation de poussières et de gaz nocifs dus aux explosifs ». Selon l’ONG, les opérations minières s’y prolongent, en outre, « au-delà de 18h », soit la tombée de la nuit. Les riverains signalent des cas de « troubles cardiaques, des tensions et des maladies respiratoires chez les personnes du troisième âge ainsi que chez les enfants ».

L’ONG congolaise, appelée à la rescousse par les riverains, rappelle que les risques ainsi créés pour la population de la cité Gécamines « sont connus des autorités étatiques », auprès desquelles ils ont été dénoncés, « mais celles-ci restent indifférentes jusqu’à ce jour ». « IBGDH rappelle aux autorités étatiques leurs obligations à protéger et respecter les droits des personnes et leurs biens, et sollicite leur implication personnelle, afin que ces populations reviennent à leur droit et bénéficient d’un bien-être ».

L’ONG demande au gouvernement provincial du Lualaba d’ordonner la suspension des activités de la société chinoise en raison des dangers encourus par la population riveraine et « de convoquer une réunion urgente entre Commus, la population de la cité Gécamines de Kolwezi et la société civile pour évaluer les dégâts et planifier la délocalisation des populations conformément au Code minier révisé ».

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