Fin du sommet Afrique-Japon: l’aide japonaise se veut différente

Fin du sommet Afrique-Japon: l’aide japonaise se veut différente

Selon le Japan Times, ce septième sommet marque un virage “stratégique” du Japon qui, reconnaissant implicitement son impuissance à lutter contre l’influence chinoise en Afrique, délaisse l’aide publique pour promouvoir les investissements privés sur le continent noir.

Une position parfois bien accueillie côté africain; le ministre béninois de l’Economie, Romuald Wadagni, a ainsi mis en avant qu’après des réformes destinées à réduire les périodes de grèves et des efforts pour offrir aux entreprises un meilleur accès à l’énergie, “nous pensons que les conditions sont créées pour faire venir des industries de transformation”.

Dépassé par la Chine

Si le Japon a lancé ses rencontres avec le continent africain avant la Chine, il est aujourd’hui bien dépassé par son puissant voisin: 3700 firmes chinoises font des affaires en Afrique, où vivent un million de Chinois, alors que seuls 8000 Japonais se sont installés sur le continent et que 800 entreprises nippones y ont des représentations. La valeur cumulative de tous les investissement japonais en Afrique, année après année, s’élevait à 7,8 milliards de dollars fin 2017, contre 43 milliards pour la Chine, relève l’AFP.

Face à cette inégalité de moyens, les observateurs à Yokohama ont noté l’insistance du gouvernement de M. Shinzo Abe sur la “qualité” des investissements promus par les Japonais. Cette insistance est vue comme une critique à peine voilée de Pékin, qui a été beaucoup critiqué, ces dernières années, pour l’endettement dans lequel les investissement chinois poussent des pays africains –  ils sont permis par des prêts chinois aux intérêts jugés “élevés” – ainsi que pour le peu d’emplois locaux qu’ils créent, les employés chinois expatriés étant préférés aux Africains.

Le ministère chinois des Affaires étrangères  ne s’y est pas trompé, qui a qualifié les propos tenus à Yokohama de “spéculations déraisonnables”, selon l’AFP.

Nuance

Le Japan Times relève par ailleurs que le Premier ministre japonais a obtenu, dans la déclaration finale de treize pages qui a clôturé ce sommet, que les autorités africaines présentes “prennent bonne note” (dans la version anglaise du document) de l’initiative de Tokyo appelant à la liberté de navigation maritime, alors que la Chine et le Japon multiplient les frottements à ce sujet. Dans la version japonaise du texte, cependant, les signataires africains en prennent “favorablement note”.

Enfin, Shinzo Abe a annoncé l’envoi de 30 experts dans des pays du continent africain afin d’y former leurs hauts fonctionnaires chargés de la gestion de la dette souveraine et de la gestion du risque.

Des contrats signés

Plus de 150 entreprises japonaises étaient présentes au sommet de Yokohama, qui a été l’occasion de signer quelques contrats.

A ainsi été remarqué l’accord préliminaire signé entre le gouvernement de Côte-d’Ivoire et Toyota en vue de l’implantation d’une usine de montage de véhicules dans cette ex-colonie française, annoncé par le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly. Selon lui, “la mise en oeuvre du processus démarrera d’ici à fin 2019”.

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