Le Golfe de Guinée théâtre d’un projet-pilote européen de sécurité maritime

Le Golfe de Guinée théâtre d’un projet-pilote européen de sécurité maritime

Le Golfe de Guinée sera le théâtre d’un premier test du concept européen de « présence maritime coordonnée », qui doit mettre en contact les vaisseaux des États membres naviguant dans certaines zones du monde pour améliorer leur sécurité. Rivalités géostratégiques, piratage endémique, interférences ou risques de collision… « Nous constatons une demande croissante pour que l’Union européenne ait un rôle en tant que fournisseur de sécurité maritime, non seulement dans notre région, mais aussi plus loin – je pense à l’Asie ou au Pacifique, à l’océan Indien », a indiqué la Haute représentante Federica Mogherini, en charge de la politique de sécurité.

L’UE a déjà déployé des opérations militaires navales dans des zones stratégiques clés. Elle veut y ajouter une nouveau moyen: utiliser la présence de navires d’États membres volontaires pour partager des informations, des alertes, des analyses, ou promouvoir le partenariat avec les pays côtiers des zones concernées.

Un premier test devrait se développer dans le Golfe de Guinée, théâtre d’actes de piraterie.

« Ce mécanisme serait très léger. Et je tiens à souligner que ce ne serait pas un substitut, mais un complément aux opérations militaires traditionnelles que l’Union européenne mène et peut continuer à mener à l’avenir », selon Mme Mogherini, qui présidait une réunion informelle des ministres européens de la Défense à Helsinki (Finlande).

La Belgique soutient le développement de ce concept. « Cela peut être une opportunité pour un pays aussi ouvert que le nôtre au commerce maritime », a indiqué le ministre de la Défense, Didier Reynders. Il cite bien sûr la piraterie, mais aussi « l’autoroute de la Manche » pour ses risques d’accidents ou d’interférence. « On est prêt à voir comment participer, en intégrant nos armateurs et compagnies maritimes, voire les industries nationales ».

L’objectif, ajoute-t-il, n’est pas de créer de nouveaux coûts ni de nouvelles structures, mais de coordonner des moyens.

Quant à la sécurité en Méditerranée, « on doit pouvoir rouvrir le dossier de l’opération Sophia », selon M. Reynders.

Le mandat de cette mission européenne, chargée de lutter contre les passeurs clandestins, arrive à terme le 30 septembre prochain. Sophia n’a plus mené d’opérations de secours maritime depuis l’été 2018, sous pression de l’Italie qui héberge son Etat-major à Rome. La chute du gouvernement populiste italien lui ouvrirait de nouvelles perspectives.

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