RDC: inquiétude autour du pillage d’un bois menacé d’extinction

RDC: inquiétude autour du pillage d’un bois menacé d’extinction

Un évêque congolais a dénoncé un « désastre écologique » dans le sud-est de la République démocratique du Congo qui menace une essence de bois menacé d’extinction à la frontière avec la Zambie. « Alors que le monde entier s’offusque des ravages du feu en Amazonie, près de nous un désastre écologique est en cours au coeur de la forêt des Miombo dans le Haut-Katanga (où) d’intenses activités anarchiques s’observent autour du Pterocarpus chrysothrix, appelé localement +mukula+ » en territoires de Kasenga et Pweto, écrit l’évêque de Kilwa-Kasenga dans la province du Haut-Katanga, Mgr Mgr Fulgence Muteba, dans un communiqué parvenu jeudi à l’AFP et à l’agence Belga.

Cet arbre, également nommé « bois rouge » en RDC, est une variété de padouk, bois très dense prisé pour la construction et l’ébénisterie. Il est menacé d’extinction en Zambie voisine, d’après des défenseurs de l’environnement.

« Les exploitants de cette précieuse ressource naturelle, derrière lesquels se cachent des sujets chinois et des proches du pouvoir, sont de retour sur le terrain depuis quelques semaines », note le prélat.

Selon Mgr Muteba, les exploitants forestiers ramassent des grumes abandonnés il y a quelques temps pour « les destiner au marché chinois ». « Ce ramassage n’exclut pas partout de nouvelles coupes », assure-t-il.

Cette façon de faire « augure le début d’une nouvelle activité de prédation écologique » qui touche la partie orientale du parc de Kundelungu, une aire protégée, estime l’évêque de Kilwa-Kasenga.

Ce trafic du bois est un « pillage » qui « ne prend nullement en compte la dégradation de la biodiversité ».

L’évêque du diocèse de Kilwa-Kasenga dénonce aussi l’inertie des autorités de la province du Haut-Katanga et la complicité du ministère de l’Environnement.

« A la hauteur de Kabyasha, la partie orientale du parc de Kundelungu, une aire pourtant protégée, voit partir jour et nuit le fleuron de la flore impitoyablement décimé il y a quelque temps, emporté sur de gros camions chinois, tel un butin de guerre. Tout se passe comme dans une jungle sans maître, avec la bénédiction d’une autorisation du Ministère de tutelle à Kinshasa », poursuit le communiqué.

Depuis 2016, Mgr Muteba dénonce des actes d’exploitation illégale du bois rouge commise par des Chinois dans la province du Haut-Katanga. Cette année-là, le prélat avait alors lancé  un appel aux autorités congolaises à prendre des « mesures efficaces » pour « arrêter la spoliation de ce patrimoine, protéger ce bois précieux et sauvegarder l’écosystème en vue du bien commun et de l’équilibre climatique ».

En octobre 2018, il avait invité les autorités à organiser le ramassage d’une importante quantité de bois rouge abandonné par des « exploitants artisanaux ».

Selon l’ONG de protection de l’environnement Greenpeace « 3.395 feux » touchant surtout la savane ont été documentés en RDC depuis le 21 août.

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