RDC : Le pouvoir complice d’une catastrophe écologique

RDC : Le pouvoir complice d’une catastrophe écologique

Monseigneur Fulgence Muteba, évêque du diocèse de Kilwa-Kasenga, dénonce l’exploitation illégale des bois rouges de la forêt de Miondo dans le Haut-Katanga.

Ce n’est pas le premier cri d’alarme de l’évêque sur la déforestation dont est victime la forêt congolaise. Plusieurs fois, déjà, Monseigneur Muteba a mis en lumière les agressions sauvages que subit l’un des principaux poumons verts de la planète. Aux commandes de ces exactions, des industriels chinois, friands de ce bois rouge; et des proches du pouvoir qui laissent faire ce business honteux ou qui y participent.

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Dans sa missive du 27 août, Monseigneur Muteba explique : « Alors que le monde entier s’offusque des ravages du feu en Amazonie, près de nous un désastre écologique est en cours au cœur de la forêt de Miondo dans la province du Haut-Katanga. Après son interruption, qui n’aurait duré qu’une année et quelques mois, d’intenses activités anarchiques s’observent autour du Pterocarpus schysothix, appelé “mukulu”, en territoire de Kasenga et Pweto. Les exploitants de cette précieuse ressource naturelle, derrière lesquels se cachent des sujets chinois et des proches du pouvoir, sont de retour sur terrain depuis quelques semaines »

L’évêque poursuit avec des observations précises : « Ce spectacle déplorable s’observe de Malambwe, sur la route Kasenga, jusqu’au-delà de Dikulushi en milieu Zela, en passant par Sapwe et Boa. A la hauteur de Kabyasha, la partie orientale du Parc de Kundelungu, une aire pourtant protégée, voit partir jour et nuit le fleuron de la flore impitoyablement décimé il y a quelque temps, emporté sur de gros camions chinois, tel un butin de guerre. Tout se passe comme dans une jungle sans maître, avec la bénédiction d’une autorisation du ministère de tutelle à Kinshasa ».

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L’homme d’Eglise poursuit en mettant en avant la lutte des communautés locales pour tenter de convaincre les autorités sur les dangers qu’encourt ce déboisement anarchique des forêts… en vain. « Pour accéder à la forêt, certains exploitants se plaisent à corrompre des chefs coutumiers ou contournent carrément leurs autorités. Tout ce trafic ne prend nullement en compte la dégradation de la biodiversité dont on observe déjà des signes avant-coureurs. Points n’est besoin d’être un scientifique chevronné pour faire le constat du changement climatique en cours et que la forêt de Miondo peut tout au moins adoucir ».

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