RDC : Un nouveau gouvernement de seconds couteaux

RDC : Un nouveau gouvernement de seconds couteaux

Cette fois, ça y est le gouvernement congolais est sur les rails. La plupart des « appelés » sont des néophytes, ce qui tend à démontrer  que le vrai pouvoir ne sera pas dans cet exécutif.

Plus de sept mois après l’investiture de Félix Tshisekedi et près de 100 jours après la désignation du nouveau Premier ministre Sylvestre Ilunga, un homme lige de Joseph Kabila, le nouvel exécutif est sur les rails et n’attend plus que l’aval du Parlement pour être officiellement installé.

Comme prévu, ce gouvernement compte 65 membres, 42 issus de la large majorité parlementaire du FCC, la plate-forme politique de Joseph Kabila, pour 23 issus de la plate-forme Cach, l’attelage composé autour de l’UDPS de Félix Tshisekedi et de l’UNC de Vital Kamerhe.

On connaissait déjà la répartition des postes, c’était sur le casting que toute l’attention se portait.

Premier constat, du côté du FCC ce sont surtout des seconds couteaux qui sont montés dans cet exécutif. La plupart des pontes de la Kabilie sont absents. Pas de traces des Shadary, Mova, Minaku, Boshab (évincé à la vice-présidence du Sénat) ou autre Mende (évincé pour le poste de gouverneur du Sankuru) notamment.

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Second constat, question ouverture, c’est le grand désert. Les maroquins sont demeurés dans le cercle restreint des familles politiques. Tryphon Kin Kiey Mulumba, fondateur du mouvement « Kabila Désir » qui avait abandonné le FCC pour rejoindre Cach en pleine campagne présidentielle, n’a rien reçu. Même constat pour Antipas Mbusa Nyamwesi, l’homme fort du Nord-Kivu qui a quitté Lamuka, la plate-forme de l’opposition afin de rentrer à Kinshasa pour soutenir l’action de Tshisekedi face à la violence et à l’épidémie d’Ebola dans sa province. Idem pour Modeste Bahati, le patron de l’AFDC-A qui a osé se dresser contre la volonté de Kabila en présentant sa candidature à la présidence du Sénat contre Alexis Thambwe Mwamba. Pis dans ce cas, si son AFDC-A est éjecté du gouvernement, les dissidents de son mouvement sont récompensés en obtenant le poste  de ministre de l’emploi, du Travail et de la Prévoyance sociale par le biais de Madame Nene Ilunga Nkulu.

Troisième constat, la parité homme-femme qui avait un temps été évoqué par la présidence pour refuser la liste des candidats ministres a été largement oublié.

Pouvoir en dehors du gouvernement

Pour nombre d’observateurs contactés ce lundi, il ne fait aucun doute que le pouvoir, le vrai, en RDC n’est pas à chercher au sein de ce gouvernement. « Le poids de ce gouvernement est risible », constate un opposant quant un ancien ministre de Kabila conseille de regarder vers la ferme présidentielle de Kingakati pour chercher le vrai pouvoir.

Pour d’autres, ce sont Tshisekedi et Kabila qui vont diriger le pays « mais avec le vrai pouvoir qui se trouve au FCC qui contrôle l’Assemblée nationale; le Sénat et la Cour constitutionnelle ».

« La meilleure preuve de ce jeu de dupes, c’est le poids réel du Premier ministre Ilunga. Il doit sa fin de carrière à Kabila. Il lui est complètement redevable et il se pliera à tous ses caprices. Il ne prend aucune initiative et c’est ce qu’on lui demande », reprend un président de parti. « Regardez ce qui s’est passé depuis sa nomination. Il a servi de facteur avec cette liste de noms de ministres passant de Kabila à Tshisekedi et retour. Pathétique. »

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Félix Tshisekedi peut se targuer d’une réussite, le renouvellement du personnel politique, près de 80% des ministres sont des nouveaux venus. « Des nouveaux venus au premier rang mais au FCC ce sont tous d’anciens directeurs de cabinet ou des secrétaires généraux. Ils sont là parce que leur chef leur a permis. Mais ce sont une fois encore ici des gens qui doivent tout à Kabila et ils n’ont pas de poids pour s’émanciper. »

Modification de la Constitution

Côté FCC, les exceptions se retrouvent au poste de ministre de la Défense et à celui de la Décentralisation et des Réformes institutionnelles (Ruberwa).

« Ce ministère est central en cas de révision de la constitution, cela démontre que Kabila n’a pas abdiqué sur ce point. Avec Ruberwa, il dipose de son kamikaze épaulé par Jeanine Mabunda à la tête de l’Assemblée nationale et Alexis Thambwe au perchoir du Sénat. Ajoutez-y la cour constitutionnelle complètement dépendante de Kabila  et vous avez tout un mécano institutionnel qui est en place pour réviser la Constitution », explique un opposant, qui prévient, ce sera un enjeu central des prochains mois.

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« Jusqu’ici, chaque fois qu’il y a eu une vraie négociation, Kabila l’a emporté. Il a cédé quand il le fallait sur des points secondaires pour montrer une certaine ouverture mais s’est montré intransigeant sur les vrais enjeux. Tshisekedi voulait la Justice, Kabila aussi. C’est Kabila qui l’a emporté. Souvenez-vous de la menace lancée par Tshisekedi par rapport aux élections des sénateurs. Il avait annoncé qu’il ne velideraait pas les sénateurs, il a plié. Kabila à ses favoris au Sénat et à l’Assemblée nationale. Tshisekedi a l’intérieur mais sans les gouverneurs, qui sont preque tous FCC , ce minsitère est largement démuni. Le vrai pouvoir est toujours à Kingakati ».

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