RDC : gratuité de l’enseignement… « l’Etat n’a pas les moyens »

RDC : gratuité de l’enseignement… « l’Etat n’a pas les moyens »

La gratuité de l’enseignement promise par le candidat Tshisekedi sera… « progressive », selon les termes des conclusions de la « deuxième table ronde nationale sur la gratuité de l’éducation de base ».

Mais le texte insiste toutefois sur le fait que cette gratuité sera effective dès la rentrée 2019-2020, soit dans une semaine. Pour trouver les fonds nécessaires, le texte évoque un « impôt de solidarité en faveur de l’enseignement ».

Souci, cet impôt, pour exister, doit évidemment être voté par le parlement lequel est en vacances et qu’aucun texte légal n’existe pour l’instant faute de gouvernement.

Où aller chercher l’argent ? Les caisses de l’Etat sont vides, les rentrées sont faméliques et les dépenses présidentielles (100 millions de dollars depuis janvier) et celles liées au programme des cent jours (estimées jusqu’ici à 600 millions) gargantuesques.

Comme souvent en RDC, c’est vers les miniers que les regards se tournent pour le financement de cet impôt. Souci, cette année, le secteur minier fait grise mise, le prix du cobalt dévisse, Glenncore a baissé le rideau et d’autres miniers pourraient être tentés de suivre le mouvement.

La gratuité scolaire, qui est une vraie nécessité, n’est pas pour demain.

« Il faut arrêter de se voiler la face, le pays n’a pas les moyens de cette politique », explique un ancien ministre de Kabila. « Imaginons que le budget de l’Etat soit de 9 milliards, ce qui est très très loin d’être le cas, cela signifierait que l’Etat pourrait dépenser 100 dollars par an et par habitant en tablant sur une population de 90 millions de personnes pour assurer la sécurité, entretenir les routes, garantir l’eau et l’électricité… On n’y arrive déjà pas aujourd’hui et, je le répète, le budget sera au maximum de 4 milliards. C ‘est de la démagogie ».   

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