RDC: le gouverneur de Kinshasa procède à des nominations contestées de bourgmestres

RDC: le gouverneur de Kinshasa procède à des nominations contestées de bourgmestres

Le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Gentiny Ngobila Mbaka, a procédé à la nomination d’autorité ou à la permutation – tout aussi contestée – des bourgmestres de certaines des 24 communes que compte la capitale congolaise, sans attendre des élections locales sans cesse reportées en République démocratique du Congo (RDC). Il s’est attiré les foudres de la société civile, de l’Eglise catholique et d’un parti de la coalition présidentielle. C’est pour « assurer la continuité des services publics de l’État, en attendant l’organisation des élections municipales et locales », que « sur proposition du ministre provincial en charge de l’intérieur » que le chef de l’exécutif provincial a désigné, à titre provisoire, les titulaires et leurs adjoints dans certaines communes de Kinshasa, dans un arrêté publié mardi – après qu’un texte très similaire eut circulé sur les réseaux sociaux avant d’être démenti -, rapporte la presse knoise.

M. Ngobila – issu du camp de l’ancien président Joseph Kabila et ex-gouverneur de la province troublée du Kasaï, théâtre de violences récentes – a justifié sa décision par la nécessité de redynamiser la gouvernance des entités territoriales décentralisées (ETD) et de combler les vacances aux postes de bourgmestres et bourgmestres adjoints créées notamment par les élections législatives et sénatoriales ayant porté certains bourgmestres au parlement » national le 30 décembre dernier, a-t-il expliqué, selon la presse locale.

Cette décision a provoqué un tollé général à Kinshasa.

La nomination et la permutation « à titre provisoire » des bourgmestres de quelques communes de Kinshasa, est une atteinte à la démocratie, parce que le pays attend l’organisation des élections locales, a affirmé mercredi le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO, l’épiscopat représentant la puissante église catholique congolaise), l’abbé Donatien Nshole.

Le président de l’ONG Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj), l’avocat Georges Kapiamba, a pour sa part appelé le gouverneur de Kinshasa à démissionner de ses fonctions.

« L’Acaj va demander formellement au gouverneur de la ville de Kinshasa de revenir sur son arrêté car il n’en a pas de compétence légale. Seul le ministre de l’intérieur peut nommer les bourgmestres à titre provisoire », a déclaré Me Kapiamba sur son compte Twitter.

Un raisonnement partagé par le coordonnateur de la Nouvelle société civile congolaise (NSCC), Jonas Tshiombela, qui a affirmé dans un communiqué que M. Gentiny n’a pas qualité, même à titre provisoire, de nommer ou de permuter les dirigeants des communes. Ces prérogatives reviennent exclusivement au président de la république, Antoine Félix Tshisekedi Tshilombo, a-t-il ajouté.

Même les militants de l’Union pour la Nation congolaise (UNC), le parti de Vital Kamerhe, un ex-allié de M. Kabila devenu directeur de cabinet de M. Tshisekedi, ont exprimé leur mécontentement en manifestant dans la commune kinoise de Kasa Vubu. Ils reprochent au gouverneur Gentiny de ne pas avoir pris compte l’UNC dans les désignations de mardi, sans tenir compte de l’accord de partage du pouvoir conclu par M. Tshisekedi et l’ancien président Kabila.

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