Burundi: 18 permanences d’un parti d’opposition vandalisées en deux mois

Burundi: 18 permanences d’un parti d’opposition vandalisées en deux mois

Le principal parti d’opposition burundais, le Conseil National pour la liberté (CNL), a affirmé dimanche que 18 de ses permanences ont été vandalisées ces deux derniers mois, des « actes de harcèlement et d’intimidation politiques » qu’il a attribués au parti au pouvoir. « Le parti CNL devait inaugurer aujourd’hui (dimanche) 9 permanences dans la commune de Muha de la mairie de Bujumbura, (…), malheureusement celle de Musama a été détruite pendant la nuit par des membres du parti au pouvoir », a déclaré à l’AFP le porte-parole du CNL Thérence Manirambona.

Les portes et les fenêtres de cette permanence ont été arrachées et les murs partiellement détruits, selon une photo parvenue à l’AFP.

« Ce qui se passe est intolérable, la permanence de Musama est la 18e à être vandalisée en quelque deux mois à travers tout le pays, (…) et à chaque fois, on nous dit qu’une enquête est en cours pour identifier les auteurs mais aucune n’a abouti jusqu’ici », a accusé M. Manirambona.

Certaines permanences ont été incendiées, d’autres détruites partiellement ou totalement, d’autres souillées d’excréments humains, selon le CNL et des reportages de médias indépendants.

Selon le porte-parole du CNL, « des membres du parti au pouvoir ont également cadenassé une autre permanence et donc, on ne peut plus y accéder » et ont construit, dans la nuit de samedi à dimanche, « un monument à la gloire du CNDD-FDD (le parti au pouvoir) devant celle de Gisyo », à Bujumbura.

Le CNL a renoncé aux inaugurations « sur demande du maire de Bujumbura, après des heurts » entre des militants du CNL et des membres du CNDD-FDD « venus les attaquer » dimanche matin, a ajouté le porte-parole.

Selon la même source, le représentant du CNL à Bujumbura, Jean-Claude Kwizera, a été tabassé, puis remis à la police qui l’a détenu pendant plusieurs heures.

Les Imbonerakure, membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD, sont régulièrement accusés d’être responsables de ces dégradations, ce que la porte-parole de ce parti, Nancy Ninette Mutoni, dément systématiquement.

Neuf militants du CNL, arrêtés mi-juin alors qu’ils surveillaient la permanence de Nyabiraba (ouest), incendiée par la suite, ont été condamnés à deux ans de prison, accusés d’y avoir mis le feu, selon le CNL qui a dénoncé un « procès inique ».

La police et la justice burundaises sont régulièrement accusées par les ONG d’être au service du parti au pouvoir.

Le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat. Il avait été réélu en juillet de la même année.

Les violences et la répression qui ont accompagné la crise auraient fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, selon les estimations de la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête.​

Que pensez-vous de cet article?

Derniers Articles

Journalistes

Dernières Vidéos