Trump veut aussi concurrencer la Chine en Afrique

Trump veut aussi concurrencer la Chine en Afrique

Alors que la guerre économique entre la Chine et les États-Unis bat son plein, Washington a annoncé le lancement, le 1er octobre 2019, de la U.S International Development Finance Corporation (DFC), la nouvelle agence américaine de financement du développement destinée à l’Afrique et à d’autres pays en développement.

Selon le centre médiatique régional pour l’Afrique, David Bohigian, président directeur général par intérim de l’Overseas Private Investment Corporation (Opic), institution américaine de financement des entreprises dans les pays en développement, devrait en dire plus sur ce sujet dans les tout prochains jours.

Fruit de la Build, loi américaine pour « une meilleure utilisation des investissements au service du développement », promulguée en fin 2018, la DFC est présentée par l’administration Trump comme un « outil de diplomatie économique destiné à contrecarrer l’influence de Pékin en Afrique ». « La création de cette agence fait suite à l’annonce du Parti communiste chinois de consacrer 60 milliards dollars au financement de l’Afrique. C’est d’ailleurs le même montant (sur sept ans) qui sera consacré à la nouvelle agence par Washington », soutient le géoéconomiste camerounais Maurice Simo Djom.

Selon le Département d’État américain, la nouvelle agence va proposer « des produits financiers innovants permettant de mettre des capitaux privés à la disposition des pays en développement« .

Trouver des outils souples

À en croire Joseph Lea Ngoula, analyste des questions géopolitiques, le recours aux financements privés vise à réduire le contrôle du parlement américain en vue de proposer « une formule assez allégée qui permettra aux Africains de répondre plus aisément à leur besoin de financement de développement« .

« Grâce à cette nouvelle agence, les États-Unis bénéficieront d’une plus grande souplesse pour promouvoir l’investissement dans les pays en développement« , tiennent à préciser les autorités américaines, conscientes du fait que ce sont les contraintes imposées par les Occidentaux qui ont poussé les pays du continent vers les financements chinois.

Mais tout en adoptant sa flexibilité, la proposition américaine, crois savoir Joseph Léa Ngoula, va essayer de se démarquer de l’offre chinoise, qu’on accuse d’être prédatrice. « Le modèle américain se voudra plus responsable en ce sens qu’il y aura une attention plus importante portée sur l’empreinte écologique des projets qui bénéficieront de ces financements. Il y aura aussi une volonté chez les Américains de montrer que les projets soutenus ont un impact sur l’emploi local et favoriseront l’émergence des industriels locaux », détaille le cofondateur d’Orin Consulting, un cabinet spécialisé dans le conseil en intelligence, stratégie et influence en Afrique.

« Cette nouvelle ne doit ni réjouir ni attrister l’Afrique« , estime Maurice Simo Djom. « La Chine avance ses pions sur l’échiquier de ce jeu d’échecs, les États-Unis aussi. Il appartient à l’Afrique de revoir son rôle dans ce jeu », explique l’auteur de l’ouvrage La guerre économique.

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