Sahara: l’ONU doit agir en faveur d’un référendum d’autodétermination, clame le Polisario

Sahara: l’ONU doit agir en faveur d’un référendum d’autodétermination, clame le Polisario

L’ONU doit agir pour que le Maroc accepte la tenue d’un référendum d’autodétermination espéré par le Sahara occidental depuis plus de 25 ans, a estimé mardi le chef de la diplomatie sahraouie, accusant Paris de bloquer tout progrès au Conseil de sécurité de l’ONU. Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental a été le théâtre d’un conflit jusqu’en 1991 entre le Maroc, qui a annexé le territoire en 1975, et le Front Polisario, qui réclame l’indépendance de cette étendue désertique de 266.000 km2 dans une région riche en phosphates et bordée d’eaux poissonneuses.

Un cessez-le-feu signé en septembre 1991 sous l’égide de l’ONU prévoyait un référendum d’autodétermination dans les six mois, sans cesse repoussé depuis en raison d’un différend entre Rabat et le Polisario sur la composition du corps électoral et le statut du territoire.

« La patience des Sahraouis a des limites. Il est temps que les Nations unies assument leurs responsabilités », a déclaré à l’AFP en marge d’une conférence de presse Mohamed Salem Ould Salek, ministre des Affaires étrangères de la République arabe sahraouie et démocratique (RASD), proclamée en 1976 par le Polisario sur les quelque 20% du Sahara occidental sous son contrôle.

« La communauté internationale doit savoir qu’il est très difficile de maintenir le peuple sahraoui dans l’attente et que cela a créé une frustration très profonde chez tous les Sahraouis (…) Il faut que cela soit pris en considération avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il ajouté, refusant de préciser s’il sous-entendait un recours aux armes.

Plusieurs cycles de négociations ont échoué à rapprocher les positions du Polisario, soutenu par Alger, et du Maroc, qui ne propose qu’une large autonomie au Sahara occidental et refuse de discuter de sa souveraineté sur ce qu’il considère comme partie intégrante de son territoire.

Dernier émissaire de l’ONU en date sur le sujet, l’ex-président allemand Horst Kohler, 76 ans, a démissionné en mai « pour raisons de santé », après avoir réussi, après six ans d’interruption, à faire reprendre langue en décembre et mars dernier aux parties concernées: le Maroc et le Polisario, ainsi que l’Algérie et la Mauritanie, voisins du Sahara occidental.

« La réalité est que, problème de santé ou pas, le Maroc a bloqué Kohler, comme il a bloqué tous les envoyés spéciaux (de l’ONU) et comme il bloquera tous ceux qui vont venir » a affirmé Mohamed Salem Ould Salek.

« Le problème réside à l’intérieur du Conseil de sécurité » où la France, membre permanent doté d’un droit de veto, appuie la position du Maroc, a-t-il accusé.

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