RDC : « Si Kabila ne vient pas voter au Sénat, Thambwe aura le même sort que Mende »

RDC : « Si Kabila ne vient pas voter au Sénat, Thambwe aura le même sort que Mende »

Lambert Mende ne sera pas gouverneur. Alexis Thambwe peut-il espérer le perchoir du Sénat ?

Caramba, encore raté ! Lambert Mende, ministre des Communications et porte-parole du gouvernement sortant en République démocratique du Congo, ne sera pas gouverneur du Sankuru, une province – riche en diamants – issue du démembrement en 2015 du Kasaï oriental.
Le candidat du FCC, la plate-forme politique qui a fait allégeance au président sortant Joseph Kabila, avait pourtant tout prévu ou presque dans cette course au gouvernorat qui devait présager un début de retraite politique à l’échelon national pour ce véritable caméléon de 66 ans, toujours sous le coup de sanctions européennes avec une dizaine d’autres caciques du régime. Seul un candidat indépendant a osé défier Lambert Mende dans ce scrutin indirect où seuls les élus provinciaux sont appelés à se prononcer.
Joseph Stéphane Mukumadi, ce téméraire candidat, s’est vu dans un premier temps disqualifié pour des motifs peu crédibles, avant que les tribunaux ne se décident à le “requalifier” devant la mobilisation de la rue en faveur de ce candidat et contre la candidature de Mende perçu comme “un parachuté” par les habitants de la province et les chefs coutumiers. Face à ce nouveau-venu en politique et avec 22 députés provinciaux sur 25 issus des rangs du FCC, Lambert Mende aurait dû de toute façon envisager sereinement son élection.

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Après plusieurs reports, les députés provinciaux se sont finalement exprimés ce samedi 20 juillet et ont envoyé un cinglant désaveu à Lambert Mende qui n’a obtenu que 8 voix pour 17 à son adversaire.
L’ancien ministre de la Communication jamais en mal de “coups de gueule” a immédiatement crié… à la corruption, avant de lancer : “Ma situation a permis de se faire une idée sur la fiabilité et la fidélité des membres du FCC”. Un message qui prend tout son sens en regard du prochain grand rendez-vous électoral en République démocratique du Congo. Lundi 29 juillet, ce sont les sénateurs qui, dans un autre scrutin indirect, doivent désigner leur président. Ici aussi, comme au Sankuru, le FCC dispose d’une majorité à faire pâlir d’envie tous les despotes de la terre (96 sièges sur les 109 que compte le sénat – et ce sans que la Commission électorale nationale indépendante n’ait publié le moindre procès-verbal des scrutins législatifs et présidentiel du 30 décembre dernier).

En attendant Kabila

Alexis Thambwe, le Garde des Sceaux sortant, proche parmi les proches de Joseph Kabila, est le candidat du FCC. Mais il devra faire face à la candidature de Modeste Bahati, son collègue dans les différents gouvernements Matata ou Tshibala. Bahati était membre du FCC jusqu’au début de ce mois. Il en a été exclu par les instances de la plate-forme qui refusaient tout adversaire de leur camp face à Thambwe. Modeste Bahati n’a pas cédé. Aujourd’hui, “l’infidèle” a les faveurs du pronostic. “Cela se présente comme un vote contre Thambwe et les diktats de Kabila plus que pour Bahati”, explique un Sénateur. Un avis largement partagé dans le sérail politique de Kinshasa.

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“Tout le monde s’interroge sur la venue de Joseph Kabila, devenu sénateur à vie, pour participer au vote et marquer ainsi son soutien à Thambwe. S’il vient, il peut infléchir la tendance. Certains n’oseront peut-être pas voter Bahati en sa présence. Mais c’est un pari risqué. S’il vient et que Thambwe est défait, ce pourrait être son Waterloo”.

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