RDC/Bunia: une tête coupée exhibée pour protester contre l’insécurité

RDC/Bunia: une tête coupée exhibée pour protester  contre l’insécurité

Par l’AFP

Des manifestants ont exhibé la tête d’une victime décapitée pour dénoncer un nouveau massacre de civils près de Bunia en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris jeudi auprès de plusieurs source.

Des jeunes ont manifesté mercredi leur colère après le massacre de cinq personnes qui se rendaient aux champs en périphérie de Bunia, chef-lieu de l’Ituri traumatisée par des tueries de civils en juin. « Quand la nouvelle est arrivée à Bunia, les jeunes sont allés récupérer les cadavres. Ils étaient à bord d’un véhicule. Ils exhibaient la tête en l’air« , raconte Luc Malembe, porte-parole de la coalition d’opposition Lamuka et ancien journaliste.

Une journaliste d’une radio locale, qui affirme avoir été sur place, livre le même témoignage. Une photo d’un manifestant avec la tête à bout de bras circule sur les réseaux sociaux.

La police les a stoppés

D’après ces témoignages, les manifestants avaient l’intention de ramener les corps vers un bâtiment officiel. « La police a dû les stopper. Elle a tiré des gaz lacrymogènes et conduit les cadavres à la morgue« , reprend M. Malembe.

Dans un communiqué, la police parle de « cinq civils interpellés » et de deux blessés dont un policier. « Les enquêtes sont en cours en vue de retrouver les auteurs de ce massacre« , ajoute la police. Trois nouveaux corps ont été retrouvés jeudi matin, « découpés à la machette« , a indiqué Rachel Tarwaya, administrateur de territoire d’Irumu.

Les assaillants venus de Djugu?

Les assaillants sont « venus du territoire de Djugu » pour semer « la panique »: « Les opérations de poursuite de l’ennemi se poursuivent », a déclaré le lieutenant Jules Tshikudi, porte-parole de l’armée en Ituri.

En juin, 160 personnes ont été tuées et plus de 300.000 personnes se sont déplacées fuyant les violences, d’après des chiffres officiels invérifiables. Ces crimes ont été attribuées à une milice locale.

Le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, s’est rendu le 1er juillet en Ituri où il a annoncé des opérations militaires « d’envergure ». « L’armée va rester en Ituri jusqu’à ce que l’on n’entende plus un seul coup de feu », avait-il promis. L’Ituri avait été ravagée par une guerre entre les milices de deux communautés entre 1999-2003 qui avait fait des milliers de morts.

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