Le Burundi n’est pas prêt si Ebola survenait

Le Burundi n’est pas prêt si Ebola survenait

Par Marie-France Cros

Le cas du patient atteint de fièvre hémorragique Ebola et arrivé impunément à Goma (capitale du Nord-Kivu, en RDCongo) le week-end dernier est venu rappeler à toute la région que la contagion est possible. Le Rwanda a conseillé à ses ressortissants d’éviter les voyages au Congo. Le Burundi n’a encore rien fait, alors que la médiocrité de son système de santé en fait un pays particulièrement vulnérable à l’épidémie, si la contagion devait le gagner.

Le pasteur qui est arrivé dimanche dernier de Butembo (Nord-Kivu), épicentre de l’épidémie, à Goma, capitale provinciale, avait fait quelque 300 km en bus avec 18 autres personnes et le véhicule avait croisé trois « contrôles » sanitaires; alors que le malade était fiévreux depuis plusieurs jours, ils n’ont rien vu et ne l’ont pas arrêté. L’histoire envoie des frissons dans le dos de nombreuses personnes, notamment au Burundi, situé pas très loin de Goma.

Beaucoup de mouvements entre le Kivu et Bujumbura

Car il est courant de voir, à Bujumbura, la capitale burundaise, des Congolais du Kivu venant se faire soigner dans les hôpitaux locaux, « un peu moins chers que dans certaines villes du Kivu et fonctionnant mieux« , indique à La Libre Afrique.be une source bien informée à Bujumbura.

Les nombreux déplacements de personnes entre le Kivu et le Burundi rendent possibles une contagion de l’épidémie d’Ebola à ce pays. « Or, il n’y a aujourd’hui aucune structure d’accueil pour Ebola, apte à isoler un patient, sans même parler de le soigner« , poursuit la source.

Pas d’équipements, ni de vaccins

Pauvre et corrompu, le Burundi ne dispose pas des équipements médicaux nécessaires. Et « les structures internationales évitent d’importer tout leur matériel au Burundi en raison de la corruption importante aux douanes, parce que cela leur coûterait trop cher« . En effet, comme tous les fonctionnaires burundais – sauf les militaires et les policiers – les douaniers ont perdu plus de 40% de leur pouvoir d’achat en trois ans et tentent donc de se rattraper sur les voyageurs et les marchandises.

« Du coup, ces organisations laissent le gros de leur matériel en stand by à Nairobi et n’importent au Burundi qu’en cas d’épidémie ou d’urgence le ou les containers dont ils ont besoin pour y faire face« .

Le Burundi manque aussi de matériel pour garantir la chaîne de froid nécessaire à la conservation de nombreux vaccins; il n’en dispose donc pas pour protéger son personnel médical, aux avants-postes en cas d’épidémie. « Le vaccin contre Ebola doit être conservé à moins 60°« , poursuit cette source. « Il n’y en a donc aucun au Burundi. Si une épidémie devait survenir, le pays serait bien démuni pour y faire face« .

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