RDC: L’Union européenne sanctionne 9 autres responsables

RDC: L’Union européenne sanctionne 9 autres responsables

Près de six mois après ses premières sanctions contre sept Congolais, l’Union européenne en a adopté lundi 29 mai contre neuf autres personnes, essentiellement liées à la crise au Kasaï.

Sept en 2016

Le 12 décembre 2016, il s’agissait de quatre militaires et policiers ayant planifié, dirigé ou commis de graves violations des droits de l’homme – principalement lors de la répression de la grande manifestation d’opposition du 19 septembre 2016 contre la non organisation des élections, alors que s’approchait la fin du dernier mandat légal du président Joseph Kabila – et de trois personnes d’influence ou responsables faisant obstacle à une sortie de crise consensuelle et pacifique: le général Ilunga Kampete, commandant de la garde présidentielle; le général Gabriel Amisi, dit « Tango Four », commandant de la région militaire incluant Kinshasa; le général Célestin Kanyama, commissaire provincial de la police de Kinshasa; le commissaire supérieur principal Fernand Ilunga Luyoyo, commandant de la Légion d’intervention de la Police nationale; le général John Numbi, ex-patron de la police nationale; le général Delphin Kahimbi, chef de la Demiap (renseignement militaire); Roger Kibelisa, chef de la Sécurité intérieure à l’ANR.

Neuf aujourd’hui

On en trouvera les noms et rôles (voir article ci-dessous). La plupart jouent un rôle dans la crise au Kasaï, qui « a atteint une ampleur exceptionnelle sur le plan à la fois sécuritaire, humanitaire et des droits de l’homme », indique l’UE dans sa déclaration anonçant les sanctions.

« Tout en condamnant fermement tout acte de violence quelle qu’en soit l’origine, l’UE s’inquiète des rapports faisant état de l’usage disproportionné de la force par les services de l’Etat, et en particulier les forces de sécurité, dans la gestion de la crise.  Elle exhorte les autorités de la RDC à agir dans le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales et à initier sans retard des enquêtes sérieuses et transparentes, en parallèle d’une expertise internationale de haut niveau pour renforcer leur crédibilité et indépendance, et qui puissent identifier les responsables des actes de violence et des massacres. Elle souligne la nécessité que la MONUSCO puisse pleinement exercer son mandat et que l’accès des acteurs humanitaires aux régions touchées par la crise soit garanti ».

En outre, « sur le plan politique, l’UE exprime son inquiétude quant au manque de consensus pour conduire la transition. Elle rappelle la nécessité, pour une sortie de crise durable, que la transition aboutisse dans les meilleurs délais à la tenue d’élections transparentes et démocratiques, dans le respect de la Constitution et de l’Accord Politique du 31 décembre 2016.  La mise en place de bonne foi des institutions de transition réellement inclusives et la mise en œuvre rapide des mesures de décrispation sont particulièrement nécessaires, car fondamentales pour un environnement électoral ouvert et apaisé. Un espace d’expression et de débat sans entrave est indispensable pour permettre aux citoyens de se prononcer librement en vue des élections ».

Effet immédiat

Les sanctions s’appliquent contre elles « avec effet immédiat ». « Elles incluent une interdiction de pénétrer sur le territoire de l’UE et  un gel des avoirs ainsi que l’interdiction de mettre des fonds et ressources économiques à la disposition des personnes listées », donc de faire affaire avec elles.

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