RDC: Kabila obtient l’exclusion d’un frondeur de sa famille politique

RDC: Kabila obtient l’exclusion d’un frondeur de sa famille politique

L’ex-président Joseph Kabila, patron d’une très vaste majorité parlementaire en République démocratique du Congo (RDC), a obtenu mardi l’exclusion d’un frondeur, qui ose défier son choix pour la présidence du Sénat. Lancée il y a un an, sa coalition Front commun pour le Congo (FCC) a suspendu pour une « durée indéterminée » le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, chef de l’une de ses composantes politiques, l’Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC-A).

Bahati Lukwebo avait présenté la semaine dernière sa candidature au perchoir du Sénat face au candidat choisi par « l’autorité morale » du FCC, Joseph Kabila: le ministre sortant de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba.

Cette démarche dissidente « porte gravement atteinte aux intérêts politiques du FCC », a affirmé mardi la coalition pro-Kabila. A l’issue d’une réunion de sa « conférence des présidents », elle a demandé la « mobilisation générale de tous les honorables sénateurs » autour de la candidature de M. Thambwe.

« Les chefs des regroupements réaffirment leur loyauté à l’autorité morale du FCC, l’honorable sénateur Joseph Kabila Kabange », selon un communiqué.

Bahati Lukwebo a annoncé qu’il maintenait sa candidature, dans une première réaction au site d’information actualité.cd, ajoutant qu’il prenait son « autonomie ».

La candidature à la présidence du Sénat de M. Thambe, 76 ans, n’est pas du goût d’un collectif de la société civile qui a rappelé lundi son passé de rebelle.

Thambwe Mwamba, 76 ans, avait été entendu à Bruxelles le 4 septembre dernier par la police judiciaire.

Il est visé depuis juin 2017 par une plainte en Belgique pour crime contre l’humanité et crime de guerre, pour avoir revendiqué un attentat contre un avion. Cette plainte a été déposée par des victimes du vol de la compagnie Congo Airlines (CAL), abattu en 1998 dans l’est de la RDC par la rébellion du Rassemblement congolais pour la Démocratie (RCD, soutenu par le Rwanda).

Le 10 octobre 1998, un Boeing 727 de la CAL, qui avait décollé de l’aéroport de Kindu, dans le Maniema, avait été abattu en plein ciel par un missile avec 50 personnes à bord – 43 passagers civils et sept membres d’équipage.

Le lendemain, M. Thambwe, qui était l’un des leaders du RCD, avait revendiqué l’attaque contre cet avion qui, selon ses dires, venait de Kinshasa et transportait des militaires de l’armée congolaise envoyés pour faire face à l’avancée des rebelles.

Thambwe, devenu ministre en 2016 – des Affaires étrangères puis de la Justice jusqu’à ces derniers mois -, avait plus tard expliqué qu’il n’était que le porte-parole du RCD et qu’il ne pouvait donc être poursuivi pour des actes commis par celui-ci.

Il « ne disposait ni d’une autorité, ni de compétence militaire au sein » du RCD, selon la ligne de défense de son avocat, Me Laurent Kennes.

Le président du Sénat remplace le président de la République en cas d’empêchement de ce dernier.

Kabila a transmis le 24 janvier ses pouvoirs de président à Antoine Félix Tshisekedi Tshilombo, l’opposant déclaré vainqueur de la présidentielle du 30 décembre dernier.

Le FCC, dispose de plus de 300 sièges sur 500 à l’Assemblée. Cette coalition revendique aussi « une très large majorité de plus des deux tiers » au Sénat élu en mars sur fond d’accusation de corruption des « grands électeurs », les députés provinciaux.

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