Niger: sommet de l’UA dans un Niger sous tension

Niger: sommet de l’UA dans un Niger sous tension

 
Par Marie-France Cros.
 
Plusieurs “milliers de policiers” et des “milliers de militaires” ont été déployés à Niamey, qui accueille, à partir de ce jeudi un sommet de l’Union africaine. Les délégations ministérielles doivent préparer les travaux de la cinquantaine de chefs d’Etat attendus, qui arriveront dans la capitale nigérienne. Ce dispositif de sécurité exceptionnel se justifie par la tension qui s’accroît au Niger, au cœur de plusieurs des problématiques qui menacent la région.

 
D’abord la lutte contre “le terrorisme”. Force est de constater que malgré le déploiement des casques bleus de la Minusma (13 000 hommes), du G5 Sahel (coordination des armées des cinq pays les plus touchés ; 4 000 hommes) et de l’opération militaire française Barkhane (4 500 hommes), les États de la région n’arrivent pas à contenir les attaques djihadistes, qui font des milliers de victimes.
 
Rejet de la présence étrangère
 
Cette impuissance se traduit par un rejet populaire de la présence des militaires français et de ceux des pays voisins, comme l’a encore montré une manifestation le 25 mai à Niamey. Une part de plus en plus grande de la population nigérienne assure qu’avant leur arrivée au Niger “il n’y avait pas de djihadistes”. Trop simple, mais révélateur d’un malaise grandissant. Cela n’a pas empêché le gouvernement du président Issoufou de marquer son accord pour l’installation d’une base de militaires des Émirats Arabes Unis, après avoir refusé une proposition de l’Italie.
 
Depuis mars dernier, le pays abrite en outre 100 000 déplacés et réfugiés (surtout du Mali et du Burkina Faso) de plus, soit quelque 400 000 au total, fuyant l’insécurité et les exactions de groupes djihadistes à l’ouest (près du Mali et du Burkina Faso) et au sud-est, où Boko Haram sévit. Quelque 10 % de la population du Niger (22 millions d’habitants) a besoin d’aide humanitaire. L’UE vient de verser 23,15 millions € à Niamey à cet effet.
 
Le Niger est aussi actif dans la lutte contre les filières mafieuses de migration clandestine vers l’Europe. Grâce à l’alourdissement des peines pour les passeurs et à la multiplication des patrouilles de surveillance, le flux de migrants passant par ce pays “a fondu” de 150 000 par en 2016 à moins de 10 000 aujourd’hui, selon le président Issoufou.

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