Bissau: le président nomme un nouveau procureur général

Bissau: le président nomme un nouveau procureur général

Le président bissau-guinéen José Mario Vaz a nommé mercredi un nouveau procureur général après la démission du titulaire de ce poste, en conflit avec la majorité parlementaire, selon un décret présidentiel. La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), médiatrice dans la crise politique en Guinée-Bissau, avait exigé samedi à Abuja, qu’un nouveau procureur général soit nommé et qu’un nouveau gouvernement soit formé au plus tard le 3 juillet.

Le procureur général, Bacari Biai, a démissionné mardi, après avoir réclamé le 29 juin l’arrestation, pour « tentative de subversion de l’ordre constitutionnel », du président de l’Assemblée nationale, Cipriano Cassama, désigné par la majorité parlementaire pour assurer « l’intérim » du chef de l’Etat, José Mario Vaz, dont le mandat a expiré.

La même accusation avait visé Califa Seidi, chef du groupe des députés du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), formation historique qui a remporté les législatives du 10 mars.

« M. Ladislau Clemente Fernando Embassa est nommé procureur général jusqu’à l’investiture du nouveau président de la République », indique le décret présidentiel publié mercredi.

Le mandat de cinq ans du président Vaz a expiré le 23 juin. Il reste à la tête du pays mais « laissera la conduite des affaires au gouvernement », qui doit être constitué, jusqu’à la tenue d’une présidentielle en novembre, avait décidé samedi la Cédéao.

Le procureur général démissionnaire était accusé par le PAIGC d’être proche du président Vaz et d’avoir « perpétré des actes de persécution » contre ses responsables.

En crise politique depuis 2015 et le limogeage par M. Vaz de son Premier ministre de l’époque, Domingos Simoes Pereira, la Guinée-Bissau a connu de nouveaux soubresauts après les législatives.

Le président avait refusé de nommer au poste de Premier ministre le chef du PAIGC, majoritaire après le scrutin du 10 mars, qui n’était autre que l’ancien chef de gouvernement limogé, M. Pereira.

Après plusieurs semaines de bras de fer avec la majorité, Aristides Gomes, déjà en fonction depuis le printemps 2018, a finalement été désigné par le PAIGC comme Premier ministre.

Le PAIGC et ses trois formations alliées contrôlent une majorité de 54 sièges sur 102 à l’Assemblée nationale contre 48 pour l’opposition représentée par le Madem, formé de députés frondeurs du PAIGC, et le Parti pour la rénovation sociale (PRS).​

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