RDCongo: le bilan de l’effondrement à KCC pourrait être beaucoup plus lourd

RDCongo: le bilan de l’effondrement à KCC  pourrait être beaucoup plus lourd

Par Marie-France Cros.

Dix-neuf morts au moins pour Glencore, qui possède 75% de la mine propriétaire du site; 43 morts pour le gouverneur du Lualaba, Richard Muyej.

Mais le bilan de l’effondrement, jeudi, de deux galeries de mines creusées par des mineurs clandestins à Kolwezi pourrait être beaucoup plus lourd, indique une source bien informée.

L’accident s’est produit sur le site de KCC (Kamoto Copper Company, possédée à 75% par le Suisse Glencore). Deux galeries de mine creusées par des mineurs clandestins se sont effondrées sur ceux-ci. Selon les informations recueillies par La Libre Afrique.be, l’accident est survenu à KOV, la mine à ciel ouvert de KCC, beaucoup plus difficile qu’une mine souterraine à interdire aux « creuseurs » artisanaux qui cherchent illégalement le minerai sur des concessions attribuées à des entreprises privées.

Des galeries creusées dans des gradins

Il s’agit d’une carrière exploitée en gradins « jusqu’à ce que la limite de stabilité soit atteinte pour les engins de l’entreprise minière », nous explique un professionnel minier. Mais les creuseurs illégaux n’en tiennent pas compte et creusent leurs propres galeries dans les gradins. « Parfois leurs galeries se superposent à celles d’autres creuseurs, ce qui les rend encore plus fragiles », ajoute cette source.

Or les mineurs clandestins sont de plus en plus nombreux sur les concessions des grandes entreprises minières au Katanga. « Certains creusent des galeries. D’autres, très nombreux, se contentent de ramasser ce qu’ils trouvent en suivant les engins des entreprises; c’est plus facile que le dur travail de creuser des galeries et c’est moins dangereux », explique la source minière.

Des milliers de creuseurs clandestins

L’invasion des concessions minières par des mineurs illégaux existe depuis des années au Katanga, mais elle s’accélère de plus en plus, à mesure que s’approfondit la crise sociale que vit le Congo, attirant toujours plus de gens d’autres  régions vers l’eldorado du cuivre et du cobalt. La semaine dernière, les Chinois de Tenke Fungurume – la plus grande concession du Katanga – ont obtenu l’intervention de l’armée congolaise pour faire sortir les creuseurs illégaux (évalués à 10.000 pour cette concession) de chez eux.

 https://afrique.lalibre.be/37987/rdcongo-lualaba-lexode-des-creuseurs-artisanaux-video/

Jeudi, dans un communiqué émis par Glencore depuis son siège, en Suisse, la compagnie a indiqué que KCC enregistrait l’intrusion de « 2000 mineurs artisanaux illégaux par jour », ce qui représente un « risque significatif pour les employés (de KCC), l’équipement et les illégaux eux-mêmes ».

Protections mafieuses

Le système s’est développé à la faveur de l’inaction des autorités. « Toutes les autorités ont voulu en profiter », explique à La Libre Afrique.be  une source au Katanga: « elles protègent une équipe – ou plusieurs – de mineurs artisanaux qui, dès lors, ne sont pas arrêtés ou, s’ils le sont, sortent rapidement de prison sur intervention de cette autorité. En échange, celle-ci, reçoit quelque chose. C’est un système mafieux, dont tirent profit notamment des parents de personnages politiques haut-placés à Kinshasa ».

Aujourd’hui, cependant, « le système a dépassé la taille maîtrisable », indique notre source minière.

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