Sahel: « urgence humanitaire sans précédent » à cause des violences armées

Sahel: « urgence humanitaire sans précédent » à cause des violences armées

Les violences au Sahel ont provoqué une situation d’ »urgence humanitaire sans précédent » avec des millions de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire ou étant déplacées à cause des groupes armées, selon l’Onu et des ONG qui ont appelé jeudi à des actions rapides de la communauté internationale « pour sauver des vies ». « Nous sommes ici pour sonner l’alarme sur une situation humanitaire au Sahel qui n’a cessé de se détériorer à une vitesse fulgurante » avec « des niveaux sans précédent », a déclaré Sofie Garde Thomle, cheffe du bureau de coordination des affaires humanitaires de l’Onu (Ocha) pour l’Afrique de l’Ouest et du centre, lors d’une conférence de presse à Dakar.

Les besoins de financement de l’aide humanitaire au Sahel sont évalués cette année à 2,4 milliards de dollars pour secourir 22 millions de personnes, selon l’Onu et des ONG, dont Oxfam et Action contre la faim.

Elles lancent « un appel à l’action » pour venir parallèlement en aide à 4,2 millions de déplacés à cause des violences dans six pays confrontés à des attaques djihadistes: Mali, Burkina Faso, Niger, Nigeria, Cameroun et Tchad.

« Il y a cinq fois plus de déplacés cette année, qu’à la même période l’année passée », s’alarme Marianne Irion, directrice régionale du conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).

« Nous devons fournir une aide rapide et soutenue pour sauver des vies et éviter une crise profonde », a indiqué le directeur régional du Programme alimentaire mondial (PAM), Chris Nikoi.

La malnutrition aiguë menace notamment cinq millions d’enfants avec l’arrivée de la période de soudure (précédant les premières récoltes et où le grain de la récolte précédente peut venir à manquer), selon les mêmes sources onusienne et humanitaires.

Les affrontements entre groupes armés dans la région ces derniers mois ont compliqué davantage le secours aux populations. « L’insécurité et les restrictions imposées pendant les opérations militaires entravent l’acheminement de l’aide », a ajouté Mme Irion.

Les ONG appellent aussi à un changement dans la gestion des fonds humanitaires alloués au Sahel, demandant davantage d’interventions dans la santé et l’éducation.

« Si nous voulons inverser la tendance, il faut modifier l’approche actuelle, majoritairement sécuritaire, » a expliqué Mamadou Diop, directeur régional d’Action Contre la Faim (ACF).​

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