Afrique centrale: à la recherche d’investisseurs pour la viande et le poisson

Afrique centrale: à la recherche d’investisseurs pour la viande et le poisson

Par Marie-France Cros.

La CEMAC et la CEEAC ont organisé mercredi à Bruxelles une table-ronde destinée à attirer des investisseurs internationaux et des partenaires techniques pour appuyer un plan stratégique en vue de la création d’un puissant marché alimentaire en Afrique centrale.

C’est surtout la CEMAC (Cameroun, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad) qui s’est montrée active lors de cette réunion, appuyée par la CEEAC (Angola, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Gabon, RDCongo, Guinée équatoriale, Sao Tome e Principe, Tchad). Elle a présenté son plan « Horizon 2025 », un plan stratégique 2015-2025 élaboré par sa Commission économique du Bétail, de la Viande et des Ressources halieutiques (CEBEVIRHA).

Productions en baisse

Les orateurs ont souligné la nécessité d’agir vigoureusement alors que la production de viande et de poisson est en baisse dans la région et que sa part dans le commerce mondial est « marginale et ne cesse de baisser ». Selon la Cebevirha,différents éléments l’expliquent.

Depuis 1980, l’Union européenne a créé des instruments pour protéger son marché de la viande qui, de déficitaire, est devenu excédentaire; cela a entraîné le début des importations de viande congelée en Afrique centrale, au détriment des exportatons locales de viande bovine.

Mais il y a aussi la non application des décisions de la Cemac et une organisation faible. Ainsi, il a été décidé en 1984 qu’un passeport pour le bétail devait accompagner le certificat de vaccination mais ces dispositions sont « peu ou pas du tout appliquées ».

Maladies et coupeurs de route

La Cebevirha doit aussi faire face à la peste des petits ruminants qui font perdre « de 1,4 à 2,1 milliards de dollars » par an à « des millions d’éleveurs ». Au Tchad (113 millions de têtes de bétail pour 14 millions d’habitants), la pesteéquine touche 13 des 23 provinces, tuant chaque jours des ânes, chevaux, mulets et bardots. Au centre du Cameroun, la région de l’Adamaoua – qui possède « un des plus gros cheptels bovins de la sous-région » – est victime, depuis le déclenchement de la crise en Centrafrique, d’attaques de « coupeurs de route » qui désorganisent complètement l’élevage; plus de 300 personnes ont été enlevées, dont 212 ont été libérées après paiement d’une rançon qui ruine les éleveurs, ce qui a fait fuir 4200 d’entre eux.

Au Tchad, outre les ravages causés par le rétrécissement du lac Tchad et les exactions, dans cette région, de la secte islamiste armée Boko Haram, il faut faire face depuis quelques mois, au Moyen Chari, à des maladies qui menacent les réserves halieutiques, alors que l’industrie du poisson fait vivre 300.000 personnes. Ces maladies affectent aussi la Centrafrique. Le Gabon, lui, s’efforce de lutter contre la pêche illégale dans ses eaux, tant industrielle qu’artisanale.

Stabiliser les jeunes dans leurs terroirs

L’ambassadeur du Tchad à Bruxelles, Mme Aziza Baroud, a souligné l’importance de permettre le développement des activités et de la productivité du secteur primaire pour « stabiliser les jeunes dans leurs terroirs ».

Le plan de la Cebevirha vise à former des bouchers, lutter contre les maladies du bétail, former les pêcheurs, promouvoir la pêche continentale et l’acquaculture marine, etc… Il s’agit d’accroître la production parce qu’aujourd’hui ellene suffit pas à couvrir les besoins. La table-ronde de Bruxelles vise à trouver « non pas de l’aide » mais des « partenariats commerciaux et techniques » dans le secteur privé.

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