RDCongo: l’Eglise rappelle que « le peuple veut le changement »

RDCongo: l’Eglise rappelle que « le peuple veut le changement »

 Conférence épiscopale congolaise (Cenco) a publié, à l’issue de son assemblée du 17 au 21 juin, un message intitulé « Libérez mon peuple », initiative vue comme la poursuite de sa « contribution à l’avènement d’un Congo uni, juste, prospère et solidaire ». Les évêques y appellent Félix Tshisekedi à ne pas se reposer sur ses lauriers.

Sans plus entrer dans le détail de la fraude aux élections présidentielle et parlementaire du 30 décembre 2018, les évêques rappellent simplement qu’elles ont « suscité un espoir de changement dans le pays » et que « le peuple s’est exprimé pour une véritable rupture avec l’ancien système de gouvernance, en vue d’avoir des dirigeants qui le mettraient au centre de leurs préoccupations. C’est dans cette perspective qu’il a salué les premiers gestes du nouveau Président de la République ».

« La situation n’évolue pas »

Mais il ne faudrait pas que Félix Tshisekedi se repose sur ces lauriers. « Plus les jours passent, nous constatons que la situation n’évolue pas. L’élan pris pour l’avènement d’une nouvelle ère a été brisé par de sérieuses entraves » quicompromettent l’avenir. Les évêques sont ainsi « plus que préoccupés par le temps pris pour les négociations en vue de la désignation » des membres du bureau du sénat et de ceux du gouvernement. Ils s’indignent du « spectacle de la corruption éhontée, lors des élections des gouverneurs et sénateurs ». Ils s’inquiètent du fait que les élections locales, qui n’ont encore jamais eu lieu depuis la fin de l’ère Mobutu, « semblent ne plus faire l’objet des préoccupations des instances compétentes ». Enfin, ils regrettentl’absence de « liberté de mouvement de certains acteurs politiques » dans certaines régions.

La Cenco stigmatise, par ailleurs, l’insécurité alimentaire dans laquelle vivent des centaines de milliers de Congolais « dans un pays au sol fertile » et du « fossé » qui « ne fait que se creuser » entre riches et pauvres.

« Balkanisation »

Elle se demande, en outre, pourquoi l’armée et les casques bleus n’arrivent pas à mettre fin aux violences qui perdurent dans les deux Kivu, au Tanganyika et en Ituri. « Tout porte à croire que le plan de déstabilisation et de balkanisation du pays, orchestré de l’extérieur avec la complicité de certains de nos compatriotes, se poursuit ».

Enfin, elle stigmatise la Justice, « gangrenée par la corruption et instrumentalisée par le politique ».

Que Tshisekedi « assume »

En conséquence, la Cenco demande au président Tshisekedi « d’assumer pleinement ses responsabilités de chef de l’Etat », d’instaurer « un véritable Etat de droit », de « mettre l’armée dans les conditions qui lui permettent de répondre efficacement à sa mission » et de « redorer le blason de la magistrature, particulièrement celui de la Cour constitutionnelle ».

Les évêques demandent au parlement – très majoritairement composé de kabilistes – « de se mettre réellement au service du peuple qui a opté pour le changement », de « veiller à ce que la majorité au parlement n’abuse pas de sa supériorité numérique pour faire voter des lois peu favorables au progrès de la démocratie dans notre pays » et « de ne pas chercher à modifier et à tailler sur mesure des individus ou des partis politiques les dispositions de la Constitution, particulièrement celles relatives aux modes de scrutin ».

Enfin, la Cenco demande au futur gouvernement « de mettre au centre de son action l’amélioration des conditions de vie de la population » et au peuple « de ne pas laisser une minorité prendre en otage notre Patrie et notre avenir », tout enapprenant à « revendiquer et défendre pacifiquement (ses) droits ».

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