RDCongo: visas congolais difficiles à obtenir pour les Belges

RDCongo: visas congolais difficiles à obtenir pour les Belges

 
Par Marie-France Cros.
 
La Libre Afrique.be a appris de plusieurs sources qu’il était très difficile, pour un Belge, d’obtenir un visa à l’ambassade de République démocratique du Congo en Belgique, malgré le réchauffementintervenu entre Bruxelles et Kinshasa ces derniers mois, à la faveur de l’arrivée à la Présidence de Félix Tshisekedi. Le chargé d’affaires à l’ambassade du Congo à Bruxelles a fait répondre à notre demande d’entretien qu’il n’était « pas habilité à répondre à quelque interview que ce soit ».

 
Les deux pays avaient conclu, le 22 février, un accord de sortie de crise, qui a graduellement rouvert les portes qui avaient été fermées par le régime Kabila; celui-ci entendait ainsi protester contre l’insistance de la Belgique pour que des élections crédibles aient lieu au Congo, conformément à la législation congolaise. En janvier 2018, le gouvernement Kabila avait exigé la fin des activités de l’agence belge au  développement; fait fermer le consulat belge à Lubumbashi et, à Kinshasa, la Maison Schengen, où le personnel diplomatique belge délivrait à des Congolais les visas pour 18 pays européens (17 membres de l’Union européenne et la Norvège); fait passer de 7 à 4 les fréquences hebdomadaires de Brussels Airlines entre deux capitales.
 
Dans un sens oui, dans l’autre non
 
L’accord du 22 février dernier a permis d’élever les fréquences aériennes et d’ouvrir un Centre européen des visas pour remplacer la Maison Schengen. Mais si ce dernier a permis de reprendre – de manière plus « moderne », par internet, afin d’éviter au public de subir de longues queues – la délivrance de visas aux Congolais, il n’en va pas vraiment de même dans l’autre sens.
 
Après qu’une source ait signalé à La Libre Afrique.be de très longues attentes, souvent vaines, pour obtenir un tel visa à l’ambassade du Congo à Bruxelles, nous avons pu vérifier auprès de plusieurs Belges voyageant beaucoup vers Kinshasa ou envoyant des Belges pour des missions au Congo, qu’il en était bien ainsi. « On attend trois ou quatre semaines », dit une source. « Parfois plus! », dit une autre. « Il y a des piles de demandes de visas qui s’entassent à l’ambassade », dit une troisième.
 
Exception notée, toutefois: comme annoncé, il y a bien, à Kinshasa, un guichet dédié, où les Belges d’origine congolaise peuvent arriver sans visa et le recevoir sur place.
 
« Maman 50 dollars »
 
Une de nos sources indique que, « à la fin de l’ère Kabila, cela prenait deux semaines parce qu’en raison des tensions entre Bruxelles et Kinshasa, la demande de visa était vérifiée par les services de renseignements à Kinshasa, qui acceptaient ou non. Mais aujourd’hui, avec le changement de Président et le réchauffement entre les deux pays, cela ne devrait plus être systématique, normalement ».
 
Une des sources interrogées par La Libre Afrique.be signale qu’il y a cependant un moyen – expérimenté personnellement – de contourner cette réticence à accorder un visa: « Mais il est nécessaire, pour cela, d’avoir un contact à Kinshasa, qui fasse la démarche pour vous. Pour débloquer le visa à Bruxelles, il faut aller aux Affaires étrangères à Kinshasa, donner 50 dollars – sans reçu – à une femme, qui les fait parvenir à une certaine « Maman 50 dollars ». En deux heures, votre visa est débloqué ».
 
Le reste des mesures de normalisation entre les deux pays se fait toujours attendre. Les consultats belge à Lubumbashi et congolais à Anvers ne sont toujours pas rouverts et les nouveaux ambassadeurs n’ont pas encore rejoint leurs postes respectifs. En cause: l’absence de gouvernement à Kinshasa, qui est toujours en négociation entre les camps FCC (kabilsites) et Cach (UDPS + UNC, le parti de Vital Kamerhe).

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