RDC : Mbusa Nyamwisi « suspend sa participation » à Lamuka

RDC : Mbusa Nyamwisi « suspend sa participation » à Lamuka

Antipas Mbusa Nyamwisi, un des membres du presidium de la plateforme Lamuka, a annoncé sa volonté de « suspendre sa participation » à ce mouvement d’opposition.

Dans un courrier daté du 17 juin au Coordonateur de Lamuka Moïse Katumbi, Antipas Mbusa Nyamwisi annonce qu’il quitte la plateforme pour continuer à oeuvrer aux deux missions qu’il s’est assignées lorsqu’il a entrepris des négociations avec Félix Tshisekedi : la lutte contre l’insécurité dans l’est du pays, notamment dans sa région d’origine du Nord Kivu de Beni et Butembo, et la lutte contre l’épidemie à virus Ebola qui fait des ravages dans cette région.

L’opposant, patron du RCD-ML, insiste dans ce courrier sur le fait qu’il avait avisé les membres du presidium de Lamuka, dès le mois de mars, qu’il était en négociation avec le nouveau pouvoir en place à Kinshasa et justifie sa décision actuelle par le fait que sa démarche et les décisions prises en concertaion avec la présidence de la République pour « combattre efficacement ces deux phénomènes pourraient ne pas rencontrer l’adhésion de tous les membres du présidium ».

Grand écart intenable

En réalité, la position de Mbusa Nyamwisi était devenue intenable. Un pied dans l’opposition Lamuka, un autre chez Tshisekedi, le grand écart n’était pas tenable.

L’opposant, ancien ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement Gizenga, et de l’Aménagement du Territoire sous Muzito est rentré à la fin du mois de mai à Kinshasa. Un retour au pays après près de 7 années d’exil. Un retour rendu possible après de nombreuses tractations avec le clan Tshisekedi tant en Ouganda qu’au Kénya.

Tshisekedi tenait à la présence de Mbusa à ses côtés. Certains acteurs majeurs de la région voyaient aussi d’un bon oeil ce retour de l’homme fort de l’ethnie Nande, forte personnalité, capable de résister à la fois aux pressions de Tshisekedi et peu susceptibles de céder aux éventuelles avances des rangs kabilistes.

Lors de notre dernière rencontre début mai avec Mbusa Nyamwisi, celui-ci nous déclarait : « Je ne peux pas continuer à rester immobile face à la dégradation de la situation humanitaire et sécuritaire dans le Nord-Kivu. » Le message étair clair, « si j’ai la possibilité d’apporter ma contribution à la fin du cauchemar et à un début de redressement dans le Nord-Kivu et dans tout le pays, je ne peux pas laisser passer cette occasion ». Une déclaration qui prend tout son sens à la lecture de cette lettre.

Si Antipas Mbusa Nyamwisi est rentré, c’est donc pour prendre des responsabilités dans le futur exécutif congolais et s’il annonce la suspension de sa participation à Lamuka, c’est qu’il doit avoir obtenu des garanties sur le rôle qu’il pourra jouer dans les prochains mois pour venir en aide à sa communauté.

L’homme, roué aux méandres des négociations politiques, n’a pas pris le risque de rentrer sans certaines garanties et n’envoie certainement pas ce courrier s’il n’a pas d’autres garanties sur le rôle qui sera le sien à l’avenir.

Lors des pourparlers avec le clan Tshisekedi, selon un membre de l’équipe des négociateurs, l’opposant auquel un poste ministériel était proposé a clairement fait savoir ses préférences. Demandant soit la primature (impossible à accorder pour la plateforme Cach qui est obligé de subir les diktats de Kabila largement majoritaire au Parlement), soit la Défense ou l’Intérieur. Deux postes régaliens qui semblent jusqu’ici promis aux membres du FCC.

« Mais les négociations progressent pour la composition du gouvernement », poursuit ce proche de la présidence qui confirme que Tshisekedi et Kabila pourront désigner « quelques ministres » sur un quota personnel, tandis que le reste de l’équipe serait composé « selon un ratio 61% pour le FCC et 39% pour Cach », selon la même source. Le clan présidentiel serait donc parvenu à faire bouger un peu les lignes, les premiers accords parlaient de 20% pour Cach et 80% pour le FCC.

« Mbusa pourrait aussi accepter le portefeuille de la Santé », poursuit un proche du clan Kabila. « S’il veut venir en aide aux populations locales, c’est un poste qui est essentiel dans la lutte contre Ebola et qui lui donnerait une bonne visibilité ».

Le courrier de Mbusa Niamwisi semble en tout cas indiquer qu’il a obtenu les garanties sur son entrée au gouvernement et que l’annonce de la  composition de cet exécutif, attendu depuis six mois, devrait être pour les tout prochains jours.

Autre certitude, les présidents Kabila et Tshisekedi ne souhaitent pas « célébrer » la fête nationale du 30 juin sans un « vrai » gouvernement en ordre de marche. Le temps presse donc.

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