RDC: Pourquoi l’activité minière ralentit au Katanga

RDC: Pourquoi l’activité minière ralentit au Katanga

Conjonctures congolaises, publié chaque année par les Cahiers africains du Musée royal de Tervuren, présente, pour son numéro consacré à l’année 2016, des articles sur l’évolution politique durant cette “année électorale sans élections”, une étude sur la prison de Bukavu, des contributions sur le développement rural et les zones économiques spéciales, ainsi que plusieurs textes sur les ressources minières, pétrolières et l’environnement.

Parmi ces derniers, relevons celui de François Misser sur les causes du ralentissement de l’activité dans le Copperbelt – qui fournit une grande part des ressources de l’Etat congolais.

Multipliée par 5,5 – puis la chute

Après que la production de cuivre eut été multiliée par 5,5 entre 2007 et 2014 (1,029 million de tonnes), elle chute depuis lors. Le même constat peut être fait pour le cobalt et le zinc.

L’auteur évoque quatre raisons à ce ralentissement. La baisse des cours du cuivre est la plus fréquemment citée, entraînant des fermetures de site ou leur placement en régime “entretien”. Mais elle n’est pas la seule, ce qui permet de prévoir une crise durable, selon l’auteur.

Et de relever l’ »important goulet d’étrangleme” que constituent l’insuffisance de courant électrique  et le mauvais état des routes, qui entrave l’évacuation de la production et l’importation des intrants. Au final, ces handicaps induisent une perte de valeur ajoutée puisque la transformation des métaux nécessite encore plus d’énergie que leur extraction.

A cela s’ajoute un climat des affaires insatisfaisant, en raison des incertitudes sur le code minier, des exigences accrues des administrations à la recherche de fonds depuis le démembrement de l’ex-province du Katanga, du  harcèlement fiscal “parfois illégal” et des nombreuses défaillances de la gestion de l’entreprise d’Etat Gécamines, devenue un “bureau minier parallèle, attribuant de facto des concessions à des entreprises qu’elle choisit” de manière peu transparente.

Seule la Chine semble passer au-dessus du manque de confiance suscité par ce climat.

Points positifs

L’auteur note quand même les points positifs que constituent l’engagement de l’industrie minière dans les économies d’énergie et la génération de courant, ainsi que dans l’ouverture de nouveaux couloirs de transport “à moyen terme”. Les uns comme les autres prendront cependant quelques années pour donner des résultats.

L’avenir de l’exploitation minière au Congo est en outre plombé par l’incertitude politique qui y règne depuis la non-organisation des élections en 2016.

“Conjonctures congolaises 2016 – Glissement politique, recul économique”, sous la direction de Nyenyezi Bisoka, Geenen, Ansoms et Omasombo. Ed. L’Harmattan, 351 pp, 37 euros

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