La RDC renoue avec le FMI sur fond de croissance en baisse pour 2019

La RDC renoue avec le FMI sur fond de croissance en baisse pour 2019

Le Fonds monétaire international (FMI) a passé en revue pour la première fois depuis 2015 l’économie de la République démocratique du Congo, qui pourrait solliciter des négociations ultérieures, sur fond d’un ralentissement de croissance prévu pour 2019.

Une mission du FMI vient de séjourner quinze jours à Kinshasa, deux mois après la rencontre à Washington entre le nouveau président congolais, Félix Tshisekedi, et la patronne du Fonds, Christine Lagarde. « La croissance économique en 2018 s’est élevée à 5,8%, tirée en grande partie par le secteur minier qui a eu une croissance de 7% alors que le secteur non minier n’a connu qu’une croissance de 1,7% », résume Philippe Egoumé, représentant résident du FMI, interrogé mercredi par deux médias, dont l’AFP. « Le secteur minier ne représente que 25% de l’économie », note-t-il. « La plus grande partie des Congolais n’a pas vu les fruits de cette croissance ». Le FMI prévoit un ralentissement de croissance en 2019 à 4,3% « car le secteur minier ne va pas croître. Dans le secteur non minier, nous projetons un doublement de croissance ». « La situation des finances publiques est relativement saine », a poursuivi le représentant du FMI, citant « un léger déficit de 0,1% du PIB », une inflation réduite « de 54% à fin 2017 à 7,2% fin 2018 », un taux de change relativement stable (à 1.650 francs congolais pour un dollar), et un ratio dette/PIB relativement faible. « Nous leur avons dit que c’est un acquis à maintenir », ajoute-t-il avant d’insister: « Le niveau de pauvreté est très élevé. La croissance n’est pas assez inclusive ». Autre problème: « Les recettes (fiscales) sont relativement faibles, de l’ordre de 9 à 10% du PIB, ce qui est à plusieurs points en deçà de la moyenne de l’Afrique sub-saharienne ». « Il y a des recettes qui vont dans des entités publiques ou des services publics. C’est mieux d’avoir les recettes versées au Trésor », détaille-t-il. Kinshasa pourrait demander des négociations ultérieures avec le FMI après l’approbation du rapport sur son économie par le conseil d’administration du FMI fin août. « S’ils veulent avoir un programme avec nous, ils inviteront une équipe ici pour négocier un programme », ajoute le représentant du FMI. Les autorités sont-elles demandeuses? « Oui. Sans équivoque. Les autorités ont clairement signalé que c’est la prochaine étape pour elles. C’est nettement le message qui nous a été donné », selon lui. ​

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