Affaire Chebeya: le major Mwilambwe dit souhaiter être extradé vers la RDC 

Affaire Chebeya: le major Mwilambwe dit souhaiter être extradé vers la RDC 

Un témoin-clé dans l’assassinat à Kinshasa en juin 2010 du défenseur congolais des droits de l’homme Floribert Chebeya Bahizire, le major Paul Mwilambwe, réfugié au Sénégal, souhaite son extradition vers la République démocratique du Congo (RDC) pour y être jugé, ont rapporté dimanche plusieurs médias.

Cet officier de la Police nationale congolaise (PNC) a notamment mis en cause un proche de l’ex-président Joseph Kabila, le général John Numbi Banza Ntambo, dans la mort du militant.

Il a affirmé, depuis Dakar, aux chaînes de télévision France 24 et TV5Monde et à Radio France Internationale (RFI), avoir assisté au meurtre de M. Chebeya, que le commanditaire de l’assassinat était le général Numbi, inspecteur général de la PNC à l’époque, et que M. Kabila était « le donneur d’ordre ».

« Je demande l’extradition vers la RDC parce que le Sénégal s’est déclaré compétent pour me juger. Il y a cinq ans, il n’y avait ni procès ni jugement. Il faut que je sois extradé dans mon pays pour que je répète mes accusations. Je me souviens qu’à l’époque, les ministres avaient dit que pour que mes déclarations soient crédibles, il fallait que je sois présenté devant un juge congolais. Raison pour laquelle je demande mon extradition », a ajouté, neuf ans après les faits, le major Mwilambwe.

Fondateur de l’ONG la Voix des sans-voix pour les droits de l’homme (VSV), devenu au fil des ans très critique vis-à-vis du président Kabila – au pouvoir de 2001 à janvier dernier – M. Chebeya a été retrouvé mort dans sa voiture le 2 juin 2010 en périphérie de Kinshasa. Son chauffeur, Fidèle Bazana Ebadi, est toujours porté disparu.

La veille au soir, M. Chebeya s’était rendu au siège de la police nationale après avoir été convoqué pour y rencontrer le général Numbi.

« Je parle du 1er juin 2010, de l’assassinat de Chebeya. Dans les locaux de la police qui étaient sous ma responsabilité, on m’a amené Chebeya physiquement. Quand on est descendu avec Chebeya, j’ai vu les policiers, sous commandement du major Christian Ngoy, cagouler Chebeya. Cela, je l’ai vu dans ma caméra de surveillance. Ils sortaient de mon bureau. La même personne qui a amené Chebeya dans mon bureau – je cite bien le major Christian Ngoy – c’est la même personne qui est venue récupérer Chebeya dans mon bureau, en disant qu’il allait l’amener à la résidence privée du général John Numbi », a déclaré le major Mwilambwe aux trois médias.

« Je veux répéter les mêmes accusations: que c’est le président Kabila qui est le donneur d’ordre, le général John Numbi le commanditaire et le major Christian Ngoy l’acteur principal, qui est actuellement à Lubumbashi protégé par l’ancien pouvoir », a-t-il ajouté en parlant du chef-lieu de la province du Haut Katanga (sud-est de la RDC), un bastion du régime kabiliste.

« C’est le général Numbi qui a donné l’ordre d’assassiner Chebeya parce que, quand j’étais à Kinshasa, je recevais des menaces de la part du général John Numbi. Des menaces pour que je ne dise à personne ce que j’avais vu », a encore précisé l’officier.

Le major Mwilambwe fait l’objet d’une information judiciaire au Sénégal depuis août 2014 dans le cadre de cette affaire.

Il a justifié sa demande d’être extradé en RDC par le changement de régime. « D’abord le président Félix Tshisekedi (proclamé vainqueur de l’élection présidentielle du 30 décembre dernier, ndlr) prêche l’État de droit. J’ai mis en cause le président Kabila qui n’est plus au pouvoir. A ce moment-là, je dois faire confiance à la justice congolaise », a-t-il dit à France 24 et TV5Monde et à RFI.

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