RDC : tension maximale entre Kinshasa et l’Onu

RDC : tension maximale entre Kinshasa et l’Onu

Une équipe d’enquête administrative de l’Onu est attendue dans les prochains jours en République démocratique du Congo suite à l’assassinat de deux de ses experts en mars dernier. Près d’un mois après avoir été constituée, quel sera le rôle de cette équipe de six personnes alors que l’Onu a, lei 23 mai, mis en doute les conclusions de l’enquête menée par la justice militaire congolaise?

L’équipe onusienne va mener en RDC une mission « administrative » mais pas seulement. Sa mission sera en effet de vérifier si les protocoles de sécurité de l’Onu ont été respectés par les experts assassinés mais aussi si des erreurs ont été commises en interne dans la gestion de ce drame. Cette procédure est automatique à chaque incident qui vise un salarié de l’Onu. Mais dans le cas des deux experts – une Suédoise et un Américain tués début mars – l’Onu assure qu’elle va faire plus : se pencher sur les procédures mais aussi chercher à  identifier les responsables de ce double assassinat.

Pour preuve, affirment des sources onusiennes, la composition de l’équipe, dirigée par un ancien chef de la sécurité du département d’Etat américain et ex-chef de l’agence en charge de la sécurité à l’Onu, et constituée par cinq autres anciens employés des Nations unies de haut niveau. Reste que nombreux sont ceux qui s’interrogent sur le temps pris par l’Onu avant de se rendre en RDC: plus de 2 mois après l’assassinat des experts. Sur leur capacité aussi à faire la lumière sur les circonstances du meurtre alors qu’aucun des enquêteurs ne connaît vraiment le pays. L’objectif final est de faire un rapport au secrétaire général de l’Onu d’ici au 31 juillet. Des informations qui aideront Antonio Gutteres à décider de la nécessité ou non de créer une commission d’enquête à part entière.

Les autorités congolaises en colère

Le gouvernement congolais s’en prend, pour sa part, à certains membres du Conseil de sécurité de l’Onu, qui s’était réuni le 23 mai pour discuter de l’enquête congolaise sur le meurtre des deux experts. L’Onu a mis en doute les conclusions de cette enquête. Le ministre congolais des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu, ne décolère pas. Pour lui, pas question qu’il y ait une enquête internationale dans cette affaire. « Nous sommes surpris par l’instrumentalisation du Conseil de sécurité par certains membres, qui veulent à tout prix décrédibiliser les autorités de la RDC. L’enquête suit son cours. Il y a des éléments qui ont été réunis, par conséquent il faut respecter l’expertise congolaise en la matière « , a-t-il tonné.

Pour le chef de la diplomatie congolaise, s’il y a des gens qui ont des éléments à charge, ils n’ont qu’à les verser à la justice congolaise afin qu’on établisse la vérité. « Il n’est nullement question de substituer la justice internationale à la justice congolaise » , a poursuivi le ministre, tout en dénonçant une « opération de déstabilisation ».

Cette polémique éclate cinq jours après les révélations des enregistrements sonores mettant en cause le député Clément Kanku, lequel fait désormais l’objet d’une enquête du Procureur général de la République sur une possible participation aux « assassinats » et à un « mouvement insurrectionnel ». Mais Il semble bien qu’entre l’Onu et le gouvernement congolais, c’est la guerre des nerfs qui s’engage autour de cette affaire.

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